recit de Ferdy Los
RANDONNEE PERMANENTE

DE NORD TOURAINE

1250 KM

 

L’association Sportive Luynoise propose de découvrir une partie des châteaux de la Loire ainsi que certains de ses vignobles Tourangeaux. Cette balade s’inscrit parfaitement dans la découverte de notre belle région. Elle n’a d’ambition que de vous guider dans cette découverte des ‘Jardins de la France’ et vous laisse, tout à loisir, vous écarter de son cheminement afin de surprendre autres Abbayes, Donjons ou demeures provinciales.

 

Le vendredi matin à 5.15 de ce 19 octobre je pars en vélo à Luynes, en passant par Azay-le-Rideau et Langeais, pour prendre le départ. Il fait frais, 5° seulement avec un vent de l’est. Le centre bourg est caractérisé par des ruelles et des caves troglodytiques et par un ensemble architectural très riche : maisons à pans de bois, halles du 15ième siècle, ancien prieuré dont la chapelle et la citerne sont d’époque gallo romaine, une grange Henri II, un aqueduc gallo romain qui a conservé pratiquement la moitié de ses piles. Dominant le bourg, se dresse le château des 13ième et 15ième siècles. Cette ancienne forteresse appartient toujours à la famille des De Luynes. Quand j’arrive aux Halles à Luynes

 le jour n’est pas encore levé. Je passe alors à la boulangerie (3) dans la rue de la République pour faire tamponner ma carte de route et prendre un croissant avant de retourner aux Halles.

 De mon sac à dos, je sors ma première bouteille thermos de café, ainsi que des gâteaux à café et mon pain d’épice ; je commence à manger et boire tout cela. En mangeant je regarde autour de moi et lis sur un panneau sous les Halles l’historique du bâtiment. Situées au centre de ce qui fut le cœur administratif et économique de la ville pendant des siècles, elles sont traditionnellement datées du 15ième siècle. Elles sont entourées par ce qui fut la place du marché qui s’étendait jusqu’à la maison du 15ième.

L’ensemble dépendait du Baron de Maillé (ancien nom de Luynes avant 1619). Une des caves creusée dans le coteau derrière les Halles contenait le four banal. A l’origine elles étaient plus longues de deux travées. Au dessus de cette partie, détruite en 1913 pour construire la salle des fêtes, se trouvait un grenier servant de réserve. Un bâtiment, détruit lui aussi, prolongeait les Halles. Il abritait depuis le 17ième siècle l’administration et la justice des ducs de Luynes. En ce lieu se prenaient nombre de décisions concernant près des deux tiers du nord de la Touraine. Ce «Palais de Justice» fonctionna jusqu’en 1789 puis servit un moment d’hôtel de ville. Le marché avait lieu deux fois par semaine. En outre, une importante foire se déroulait lors de la Pentecôte. Marchands et artisans se plaçant sous les Halles et autour de celles-ci. Les bestiaux étaient parqués dans les allées menant au château. Si la foire a disparu depuis longtemps, le marché se tient encore le samedi matin.

 Dès que le jour se lève, je quitte Luynes et St.Etienne-de-Chigny par l’allée de la Croix Côtelette (4) en direction de Langeais pour avoir une première belle vue sur la Loire.

Je suis des petits chemins tranquilles. En descendant sur Cinq-Mars-la-Pile, je traverse un bois pour arriver en bas sur un cours d’eau, s’appelant ‘Le Breuil’ et où se trouve le Moulin de la Gouspillère, entouré par un beau jardin. Je me promène dans le jardin et fais quelques photos. (5+6+7)

L’arbre avec les branches tombantes attire mon attention, mais je ne sais pas le nom de l’espèce. Après ce petit arrêt, je continue mon chemin en traversant Cinq-Mars-la-Pile vers Langeais. Devant le château, je tourne à droite autour de celui-ci en direction des Essards. Peu de temps après je prends un chemin à gauche. Vu le vieux panneau (8), je ne me trompe pas. Saint Michel est bien à gauche. Cinq kilomètres plus loin je passe devant la Maison Forte de la Roche Allard (9), qui remonte aux Moyen Âge.

 

Dans St.Michel-sur-Loire, je profite d’une belle vue sur la Loire. (10) A cause de la condensation sur les panneaux explicatifs, les données inscrites sont à peine lisibles. En bas du village je passe le long du Château de Montbrun, domaine de la Riboisière. J’arrête devant l’entrée : ‘Bed and Breakfast’.

Ce havre de sérénité témoigne d’un certain art de vivre à la française. Vous trouverez des meubles d’époque et antiquités, tapisseries et lourdes tentures. Une grande terrasse dominant la superbe vallée de la Loire, un parc de 3 hectares où s’étalent de magnifiques jardins à la française, une piscine avec solarium au milieu des chênes centenaires et l’élégance d’un château familial du 19ième siècle.

Que de luxe.

Je continue la route pour St.Patrice où je trouve une boulangerie de petite taille, ouverte. (11) Curieux de savoir comment se présente l’intérieur, je m’arrête pour me procurer quelque gâteau. L’artisan dispose d’un four à bois et est en mesure de vous faire n’importe quel pain à l’ancienne ou n’importe quel gâteau adapté à vos goûts personnels. Je sors du magasin, pas mal de temps plus tard, avec une spécialité : le ‘nougat de Tours’. Ce boulanger est sur beaucoup de plans un homme exceptionnel. C’est d’ailleurs le premier boulanger que je connais qui, si le temps le lui permet, fait aussi du vélo.

Cependant si je continue mon trajet avec cette allure, en parlant avec les gens à gauche et à droite, je n’irai pas loin. Peu de temps après je mange mon gâteau dans les vignobles. (12) En arrivant à Lossay, je vois, maison et jardin dans les vignes. On aime le Bourgueil ici et . . . également les biches, vue la balade de l’une d’elles en toute liberté. (13+14) Un peu plus loin vers Restigné je découvre que les paysans ramassent le marc de raisin pour le déposer ici sur un grand tas. Je traverse Restigné et atterris à Bourgueil. La route passe à côté de l’abbaye où je m’arrête dans le petit jardin communal. (15)

Jadis partie de l’Anjou, pour autant la région a été rattachée au département d’Indre et Loire au moment de la Révolution, il est vrai que de nombreux liens existaient entre Bourgueil et Chinon.Vers l’An mil, Bourgueil faisait partie avec Saumur et Chinon du patrimoine initial de la famille des Comtes de Blois alors en pleine expansion. C’est la Comtesse de Poitiers Emma de Blois, la fille de Thibault le Tricheur Comte de Blois, qui fonde en 990 l’abbaye de Bourgueil. Elle fut consacrée en 1001 avec pour premier Abbé un parents d’Emma, Gausbert. Cette Abbaye a été très importante du 12ième au 18ième siècles, la plupart des bâtiments ont été détruits au moment de la Révolution. L’histoire de la ville de Bourgueil a toujours été liée à celle de son Abbaye.

C’est dommage que l’on ne puisse pas connaître personnellement les personnages pour compléter l’historique.

Je continue mon tour en vélo à Port Boulet pour traverser la Loire. Sur la route qui mèneà Candes-St.Martin, je découvre à la hauteur de Bérignolles dans le jardin d’une maison, une petite piscine pour enfants en forme de trèfle, avec toutes ces oies serrées dans l’eau. Le temps de prendre une photo de cette situation burlesque et . . . les oies sortent de leur piscine. (16)

Pour arriver à Fontevraud l’Abbaye, je traverse la Vienne à Candes-St.Martin, (17) et prends la rue de l’église. Cela monte sec dans cette ruelle ; la façon pour voir si les jambes sont bonnes encore. A l’entrée du village de Fontevraud l’Abbaye, je m’arrête d’abord à la Fontaine Saint Mainboeuf. Je lis sur la pancarte : Cette source résurgente alimentait dès le 12ième siècle le quartier des Roches et aux 19ième et 20ième siècle un lavoir. Elle était réputée pour guérir des yeux. Restaurée en l’an 2000 avec le concours de : La Fondation du patrimoine, l’Office du Tourisme et la Municipalité, l’Association de sauvegarde du patrimoine de Fontevraud et de généreux donateurs. (18+19+20)

Ensuite je file à l’abbaye et tourne autour de celle-ci pour en faire une photo. Cette abbaye est fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel ; fut dirigée six siècles durant par trente-six abbesses ayant autorité sur un ordre double masculin et féminin. Elle fut transformée en prison en 1804 et abrite aujourd’hui un centre culturel de rencontre. Dans le cimetière de Fontevraud, j’arrive à faire ma photo (21) avec l’abbaye au fond. Je quitte le village en direction de sa forêt. Les arrêts fréquents font que j’avance moins vite que prévu et c’est la saison des journées courtes. Je pense arriver rapidement à ma prochaine visite, celle de Montreuil-Bellay, puisque je connais bien la route, (de promenades précédentes). Route qui passe à Bizay, Epieds et Meigné.

Cette fois-ci cependant je rencontre pour la première fois, des militaires en exercice. (22) C’est la journée des tirs de paix. Les routes, par cet événement, sont toutes bloquées. En vélo je n’ai pas trouvé la moindre possibilité de passage. Alors, la solution c’est de retourner à Fontevraud l’abbaye et prendre la D.147 en direction de Loudun. Je jette encore un dernier coup d’œil derrière moi sur le village. (23) A Roiffé, je tourne à droite sur la D.50 à Saix. Ensuite je passe à Morton et Douvy. Une idée de promenade à pied consiste à longer le canal de la Dive ; des bois, chemins de halage et pas de circulation. Quand je rentre dans Montreuil-Bellay, je cherche la boulangerie ‘Le Fournil du Château’, pour faire tamponner ma carte de route pour la deuxième fois. (24) En même temps j’explique le but de ma visite ainsi que le souhait de connaître leur spécialité. Je sors du magasin avec un paquet de macarons, de toutes les couleurs et aux goûts différents ; un petit cadeau pour la famille à la maison. Ensuite je m’installe devant le château (25) sur un banc public pour boire le café chaud de ma deuxième bouteille thermos et manger avec appétit mes tartines avec toutes sortes de fromages.

J’admire le château qui conserve une allure médiévale, même si il a été remanié au 15ième siècle. Il se situe sur le Thouet, à une trentaine de kilomètres au sud de Saumur.Le château a été bâti à partir de 1025 à l’initiative du Comte d’Anjou Foulques III Nerra sur l’emplacement d’un ancien camp fortifié de l’époque Gallo Romaine. Il avait pour objectif de protéger l’Anjou contre les agressions des Comtes de Poitou et des Seigneurs Poitevins. Foulques Nerra a confié la garde du château-fort à un de ses fidèles, Berlay qui a laissé son nom à la ville. Celle-ci se développe autour de la forteresse, ses treize tours la rende très caractéristique. Le château était au Moyen Age le siège d’une puissante Seigneurie qui oscillait entre l’Anjou et le Poitou.

Montreuil-Bellay, une ville prospère au 17ième siècle, en particulier grâce au commerce du vin. Les barriques sont transportées par des bateaux circulant sur le Thouet et rejoignant la Loire à Saumur. De nombreux bâtiments anciens de la ville rappellent cette époque faste. La Révolution et le début du 19ième siècles sont par contre une période de déclin, la ville a perdu une bonne partie de son commerce et le Port sur le Thouet est désaffecté. L’arrivée du chemin de fer ne parviendra pas à renverser la courant. 650 mètres de remparts et 13 tours de défense délimitent le périmètre de la forteresse

que le visiteur peut contempler du chemin de ronde en accès libre : barbacane (pièce de défense avancée qui protégeait le Châtelet d’entrée), tours, douves, échauguettes . . .

toute l’architecture militaire est présente dans un exceptionnel état de conservation qui fait de Montreuil-Bellay un des plus beaux exemples de forteresse médiévale de la région. Prenez le temps de flâner dans la vieille ville ceinturée d’imposantes murailles. Elle est reconnue comme l’un des plus beaux détours de France.

Avec un peu de regret, car le soleil avance, je plie bagage et repars vers la descente sur le pont en direction de Doué-la-Fontaine. Toute de suite après le pont, je tourne à droite en direction de Saumur maintenant. Je passe au village de Bron et atterris peu après à la centrale E.D.F. juste au nord du Coudray-Macouard. Je suis impressionné par tous ces pylônes d’électricité. (26)

Le soleil commence à se coucher ; la température descend et malgré toute cette électricité à côté de moi, je commence à refroidir. Alors, en vélo pour Saumur. En passant à Distré, je fais une photo d’une classe d’école en plein air. (27) Ensuite je descends à la Loire, à Saumur. A l’hôtel de ville, je fais ma dernière photo (28) de la journée.

Je décide de couper le circuit de la randonnée permanente ici, pour rentrer à vélo à la maison. Je rentre à 22.15 heures. J’ai roulé aujourd’hui 267 KM.


 

 Le lendemain matin, samedi 20 octobre à 5.30 heures, je prends le départ pour faire la deuxième partie de ma Randonnée Permanente de Nord Touraine. Si ce n’est un peu plus frisquet, il fait un temps semblable à hier ; le thermomètre indique que 2 à 3° ; le vent souffle toujours de l’est. Je me presse en direction de Saumur ; d’une part pour me chauffer et d’autre part pour ne pas perdre de temps.

Après l’Ile Bouchard, je me rends compte sur la D.8 que la fraîcheur gène un peu.

A Chinon, le long de la Vienne, je suis même obligé de m’arrêter quelque temps dans un portique pour me réchauffer avec des exercices physiques. Quand je repars, le jour commence à se lever.

Je quitte Chinon pour prendre une petite route en passant par Savigny-en-Véron et Candes et Montsoreau. Vu les travaux de route d’hier soir entre Saumur et Souzay sur la D.947, je prends le pont de Varennes-sur-Loire et la D.952 pour longer la Loire du côté nord pour Saumur. D’ici je reprends mon trajet de Randonnée avec beaucoup de circulation sur la N.147 vers l’Autoroute A.85. Comme je vois une petite route parallèle, je n’hésite pas à la prendre. Cinq minutes plus tard je me retrouve parmi des gens du voyage autour d’une petite place ; le chemin est sans issue. Sous les regards des habitants, il ne me reste plus qu’à retourner.

Après ‘la Ronde’, une zone d’activité nouvelle et l’Autoroute, la circulation est moins intense.

A l’entrée de Vernantes, je vois sur la gauche un joli château caché du nom de ‘Bois-Vernant’. De la grille les feuilles des arbres m’empêchent de bien le voir. Donc je cherche à passer à pied par derrière, chez le voisin et je prends photo (29). Un bijou avec joli jardin et piscine.

L’arrêt me donne envie de prendre un bon café. Dans le centre bourg, sur la place et devant l’église je prends possession du banc public. Je gare mon vélo contre son dossier et enlève mon inséparable sac-à-dos. Je cherche mon café chaud dans la première bouteille thermos et je me sers ; je prends une pause d’une demie heure. En mangeant mes gâteaux à café et pain d’épice, je regarde l’église plus en détail. Il est écrit en grand sur la façade : ‘MAIRIE’.

Ici, les cérémonies de mariage se déroulent successivement dans deux églises ! La place centrale est encadrée de l’église actuelle et l’ancienne église (12ième et 15ième siècles), classée monument historique devenue mairie officielle. Après ma pause café, je reprends ma route vers le château et l’abbaye de Loroux sur la D.58 en direction de Mouliherne.

Une abbaye cistercienne fut fondée au Loroux en 1121 au retour du Comte d’Anjou, Foulques V de Palestine. Loroux vient de «oratorio» qui veut dire «oratoire». C’est la guerre de Cent ans qui a vu la ruine de l’abbaye et son pillage. Située sur les bords du Lathan, elle fut pendant des siècles, centre de richesse et d’autorité, mais elle fut de nouveau pillée lors du passage des Huguenots en 1572. On regrette sa décadence et les causes de cette dernière et sa disparition en 1820 après son adjudication publique en 1791.

Aujourd’hui, subsistent un magnifique porche, (30) une chapelle et les ruines du moulin.A noter : Sur le site de l’abbaye dans ce parc classé, de 16 ha, se trouve le château de Loroux, 19ième siècle d’inspiration italienne et qui possède des chambres d’hôtes. (31)

 

Je continue mon chemin à Linières-Bouton où je trouve un petit village (32) et le château Boissimon. (33+34+35) Ici, c’est la tranquillité qui règne. Je me promène un peu dans le parc où se trouvent quelques arbres impressionnants d’âge mais je n’arrive pas à en faire une belle photo.

En allant au Lude, au bord du Bois de Bareil, je visite l’Ancienne Abbaye de la Boissière.

L’histoire de ce beau bâtiment vide dans ce lieu paisible m’intrigue. Je ne veux pas vous en priver.

« En Anjou :Les d’Alluye furent les premiers seigneurs de Chasteaux, en Anjou (Château-la-Vallière et de Saint-Christophe), en Touraine (Saint-Christophe-sur-le-Nais). Leur présence dans la région est attestée de 978 aux environs de 1250, mais leur histoire est mal connue, sauf celle de Jean II d’Alluye qui nous a laissé de nombreuses chartes. Jean II dut régner de 1200 à 1248. Fait chevalier banneret par Philippe Auguste, il participa à ses côtés à la bataille de Bouvines en 1214. Comme ses aïeux du 10ième siècle, il s’en alla guerroyer en Terre Sainte. Il semblerait qu’il s’y trouvait vers 1240. Or, la Sixième

Croisade s’était terminée en 1229 et la Septième, conduite par Saint Louis, ne partit qu’en 1248. On suppose donc que Jean II accompagne en 1239 Thibault IV de Champagne, dit le Chansonnier dans la triste équipée de la croisade dite des Poètes. Ce qui est sûr c’est qu’il reparaît en Crète en août 1241 pour recevoir d’un évêque nommé Thomas un cadeau inestimable : un morceau de la Vraie Croix en forme de croix à double traverse. Haute d’environ 27 centimètres, elle aurait été taillée dans le bois sacré de la Sainte Croix. Cette apparition en Crète n’a rien de surprenant. La croisade des Poètes terminée, les Français rembarquèrent à Saint-Jean-d’Acre le 24 septembre 1240 sur des navires de Vénitiens, transporteurs habituels des croisés, qui firent escale en Crète située dans leur zone d’influence.

 Revenu en Anjou, Jean II d’Alluye va vendre sa relique aux moines cisterciens de l’abbaye de la Boissière (commune de Dénezé sous le Lude). Robert, l’abbé de la Boissière, remit donc à l’ancien croisé l’équivalent de (4,20 x 20 x 550) 46,200 kg d’argent pur! Mais l’abbaye fondée en 1131 était prospère et pouvait se permettre cette folie. Et par la suite, les aumônes des fidèles venant adorer la croix assurèrent aux moines de gros revenus. Les historiens ont stigmatisé la conduite de Jean II : ‘Le seigneur d’Alluye se fut grandi à nos yeux s’il n’eut pas monnayé ainsi son trésor’. Les expéditions en Terre sainte avec une nombreuse escorte ruinaient les seigneurs. Pour partir, Jean II avait emprunté 150 livres tournois (se disait de la monnaie frappé à Tours) remboursables dans les 10 ans. A son retour, il vendit plusieurs droits pour renflouer sa trésorerie. C’est donc par nécessité qu’il vendit la croix. Avec une compensation : la proximité de la Boissière où il pouvait se rendre facilement pour aller prier. D’ailleurs, aux moines, il octroya une rente pour l’entretien d’un luminaire devant la relique et, plus tard, un legs de 300 livres qui leur fut payé par ses héritiers, longtemps après sa mort en 1267. Il a été inhumé dans un superbe tombeau de granit, orné de ses armoiries et d’une représentation de la Sainte Croix à double traverse. Son tombeau a été acheté par un musée américain, le Cloister Museum, à proximité de New-York.

 La Guerre de Cent Ans arriva. Prudents, en mars 1379 (ou le 2 juillet 1359, selon F. Uzureau) les moines de la Boissière mirent la relique en sûreté dans le château du Duc d’Anjou, Louis 1er à Angers. Le Duc, adorateur de la relique, érigea en son honneur une confrérie : ‘‘l’Ordre de la Croix’’ et fit broder une croix à double traverse sur les tapisseries de l’Apocalypse exécutées par Nicolas Bataille. C’est à cette époque vers 1364 que la Croix fut somptueusement décorée par les orfèvres du roi Charles V.

Enfin en Lorraine Le Bon Roi René Ier, contemporain de Jeanne d'Arc, attribua bien des mérites à la Croix, protectrice des armées françaises, notamment lors de la bataille de Vieil-Baugé en 1421, aux côtés des écossais. René n'était pas uniquement Duc d'Anjou, mais aussi roi de Jérusalem, d'Aragon, des Deux Siciles, de Hongrie, comte de Guise et de Provence. Sur toutes ses terres, la Croix à deux croisillons était connue comme faisant partie des armoiries du seigneur. On la retrouve sur de nombreux édifices construits sous l'autorité de René. A sa mort en 1430, sa fille, Isabelle, était déjà l'épouse de Charles II, duc de Lorraine. En 1431, Charles II mourut et Isabelle hérita du fief de Lorraine, où ne s'appliquait pas la loi Salique. La Croix d'Anjou devint par-là même la Croix de Lorraine.

 La France libérée de sa lutte contre Albion, la Croix d'Anjou retrouva son abbaye de la Boissière, reconstruite par les moines après sa destruction pendant la guerre de Cent Ans. Mais en Lorraine, en 1476-77, le duc René II menait, à la tête de ses troupes, une lutte a priori inégale afin de résister aux assauts du puissant Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Les deux armées s'affrontèrent en 1477 lors de la bataille de Nancy. La résistance populaire des lorrains, associée aux suisses, rangés sous le drapeau du duché frappé de la Croix de Lorraine, eut raison des troupes bourguignonnes, lentes à se mouvoir et certaines de la supériorité de leurs bouches à feu. Charles le Téméraire y laissa sa vie, tué dans un marécage non loin du champ de bataille. La Croix était devenue symbole de résistance et de liberté. En 1525, le fils de René II, Antoine, mena une campagne victorieuse et sanglante contre les paysans alsaciens, les "Rustauds". La Croix, était là aussi le signe de ralliement des soldats lorrains.

La révolution française, menaça un temps la Croix qui failli être détruite, mais elle fut rachetée lors d'une vente publique organisée à Baugé par la jeune République et remise en place dans l'abbaye. Au cours des siècles, la Lorraine avait fait de la Croix son emblème. Elle était omniprésente et les femmes en portaient même des reproductions sous forme de bijoux. »

Je fais les photos, (36), (37), et (38) de l’abbaye, le jardin et de l’étang en face de l’abbaye et repars la tête pleine d’images.

En route pour Le Lude, mon troisième pointage. En arrivant, le boulanger vient de fermer et ne rouvre qu’à 15 heures. Je retourne à la place pour faire tamponner la carte de route au Kiosque (39) situé au coin. Je cherche ensuite un bon endroit pour manger.

A côté de la Poste je trouve un banc public au soleil et en dehors du vent. Je prends une bonne pause pour manger, boire et me ‘bronzer’.

Après je quitte Le Lude en passant par le château pour faire photo (40) de la façade. De Saumur au Lude j’ai roulé vers le nord. Maintenant ce sera vers l’est le long du Loir. Le prochain arrêt sera au site archéologique de Cherré, commune d’Aubigné-Racan, à peu près mi-chemin vers Vaas.

Ce vaste site gallo-romain des 1er et 2ième siècles après J.-C. était jadis occupé par un temple, des thermes, un aqueduc, un forum et un théâtre bâtis sur une nécropole de l’époque protohistorique (8ième – 5ième siècle avant J.-C.). Aujourd’hui, il n’en reste que les fondations restaurées. (41+42) Chaque partie est bien expliquée. Sur le terrain du site je rencontre une femme professeur de l’école de Marmoutier, ancienne abbaye (Tours), avec qui je parle quelque temps sur le site et d’autres lieux historiques de la région. Après l’échange de carte de visite je repars en vélo à Vaas.

 A l’entrée du village je vois une pancarte qui m’indique ‘Moulin de Rotrou’. Sans hésiter je prends le chemin de terre . . . peu fréquenté . . . près de cette pancarte et atterris dans deux corps de fermes anciens, mais aucun signe de ce moulin. Je retourne à la route principale et découvre peu de temps après le vrai moulin avec terrain parking, caisse et guichet d’entrée.

Des douze moulins que l’on comptait à Vaas au début du 20ième siècle, le Moulin de Rotrou est le seul survivant, bien qu’il ait cessé son activité. Actionné par l’eau du Loir, il produisit de la farine dès le 13ième siècle. Aujourd’hui, on peut y visiter le musée du Blé au pain et le Jardin des Céréales.

En 1576, le moulin était déjà en activité. Il est toujours en état de fonctionner avec des appareils à cylindres. Le mécanisme un peu disparate est actionné par un belle roue à aubes, tournant avec les eaux du Loir. Au 19ième siècle, il fut aussi moulin à huile. Un véritable musée ‘du blé au pain’ rappelle les étapes depuis les semailles jusqu’à cuisson du pain.

La journée est courte et d’ici à la maison, il y a pas mal de kilomètres à faire. La fraîcheur de ce matin me fait décider de manger au centre de Vaas et ne plus attendre trop pour rentrer. Le soleil commence à descendre ; heureusement, je trouve vite un banc public au soleil. Je mange tout mon pain et finis tout mon café de la deuxième bouteille thermos. L’estomac bien rempli, je reprends les pédales, en traversant à nouveau le pont sur le Loir. Je fais les photos (43) et (44) et ensuite, en passant par Château-la-Vallière, Cléré-les-Pins, Mazières-de-Touraine, Langeais, Azay-le-Rideau à Nouâtre où je rentre à 21.15 heures. J’ai roulé aujourd’hui 226 KM

 


 Le vendredi matin à 5 heures de ce 2 novembre, je prends le départ pour la troisième journée en vélo pour Vaas en passant par Azay-le-Rideau, Langeais et Château-la-Vallière. Il fait moins frais que les deux premiers jours, 8° aujourd’hui avec un petit vent côté nord-est. Le temps hivernal a fait place à un temps automnal. Je trouve même que l’automne depuis ces dernières semaines avance vite. Les arbres perdent leurs feuilles en abondance comme ici à Nogent-sur-Loir. (45) Je tourne autour de Château-du-Loir. Le paysage le long du Loir, (46) à Montabon ressemble au paysage le long de la Loire. A Luceau, 3 kilomètres au nord de la ville, se trouve l’ancien château La Françoisière, (47) qui possède un bélier hydraulique. Celui-ci est utilisé pour alimenter en eau le château. Construit entre 1875 et 1880 en granit dans le soubassement et pierre de tuffeau de style Cheverny.Ce bélier alimentait tous les besoins en eau de la propriété ; bâtiment, arrosage du parc, plans d’eau, écuries. Un deuxième bélier plus petit alimentait un jet d’eau.

 L’eau arrive d’un petit étang (Moulin de Prélambert), passe dans le bélier situé près de la route, l’eau est repoussée vers le château d’eau situé en hauteur du domaine.Comment ça marche ?

Le rendement hydraulique d’un bélier dépend du débit initial et du rapport chute/élévation.

Il atteint 20 % (c’est-à-dire 20 litres d’eau pompée pour 100 litres <tombée>) dans les conditions idéales qui dépendent aussi de la longueur de batterie. L’eau arrive dans la conduite et ferme le premier clapet. Une onde de choc est créée qui parcourt la conduite en sens inverse à la vitesse de 15 mètres par seconde dans un tuyau en plastique ; de 1000 mètres par seconde dans un tuyau en acier.

C’est le coup de bélier.

La surpression ouvre le second clapet permettant à l’eau de monter dans la cloche. La pression de l’air à l’intérieur de la cloche repousse l’eau. Le clapet se ferme et l’eau monte dans la seconde conduite. Un nouveau cycle commence alors. Je trouve que c’est une ingénieuse machine qui pourrait même connaître de beaux jours car elle fonctionne non-stop, sans énergie.Après les travaux au château et en hiver quand il y a moins de feuilles aux arbres,

j’espère pouvoir faire d’autres photos, laissant voir plus de détails de la propriété. Je vais reprendre la route le long du Loir et arrive à Coëmont. Ici, mes yeux sont attirés par des éléphants. (48) Sur la pancarte je lis :

 

Un éléphant à Coëmont ?

Né en avril 2000,

Il a été la vedette du carnaval

De l’école de Vouvray-sur-Loir

Ayant pour thème « les animaux »

Conçu par les parents d’élèves,

Sa réalisation a nécessité

12 m3 de polystyrène et 2 tonnes de béton.

Depuis, un éléphanteau est venu le rejoindre.

 

Vouvray-sur-Loir c’est sur mon itinéraire où je n’irai pas à l’école mais où il se trouve un chemin à pente raide, du Loir jusqu’en haut de la côte. Le voilà déjà, je tourne à gauche à l’église et . . . en effet, ça grimpe. J’ai changé les vitesses à temps. Je monte et je monte. Je suis en danseuse ; par moment la roue n’agrippe plus la chaussée ; je grimpe . . . et je continue. Je ne cèderai pas. Je respire fort ; j’ai chaud. J’approche un virage. Le cœur bat fort. Je fais du 5 km à l’heure. Le but est proche. Doucement maintenant . .

. . J’y suis. Quand j’ai récupéré un peu, j’arrête et je retourne au village. Après le virage, ça descend sec. Maintenant . . . ce sont les freins qui doivent être en bon état. J’arrête faire la photo (49). Quand je reprends la route ‘normale’, je suis content ; les jambes sont bonnes. Cela me donne envie de faire une petite pause pipi. Aussi j’arrête à Port Gautier, au café-restaurant. Derrière, le ruisseau coule paisiblement. Je vois déjà le wc. Je pose mon vélo et fais . . . les photos (50) et (51).

Après ce petit arrêt, je reprends la route pour le Lac des Varennes. Un beau lac de 50 ha; coin de prédilection des pêcheurs ; que des tentes/abris de couleur verte. De l’autre côté se trouve le camping du Lac des Varennes. Photo (52) et (53) Je parle quelque temps avec le nouveau patron du camping, qui a repris depuis janvier de cette année. Il a l’intention de moderniser encore les sanitaires.

L'espace de loisir dispose d'une aire de pique-nique espacée, composée de nombreuses tables en bois dont certaines doubles (pour les grandes familles ou les nombreux amis) et surtout bien ombragées. Afin d'éviter le transport de votre barbecue, l'aire de pique-nique dispose d'un grand barbecue collectif. Une petite soif ou un petit creux ? Le kiosque de restauration rapide est ouvert tous les jours durant les mois de juillet et août.

 Je continue la route vers La Chartre-sur-le-Loir. En passant le village Marçon, je m’arrête au château de la Croix Boisée. (54) Ce sont les couleurs douces qui attirent l’attention du passant. En traversant La Chartre-sur-le-Loir, je trouve que les bâtiments donnent l’air plus ou moins abandonnés. Voir la photo (55) d’une pompe à essence, peu courant. La D.305 traverse le Loir pour aller à Poncé-sur-le-Loir. J’arrête devant l’entrée du Domaine de Poncé.

Ce site qui possède des ruines d’un oppidum Celtes et d’un prieuré médiéval. On nous emmènera dans les labyrinthes d’un tunnel souterrain. Ce n’est pas un hôtel typique mais si vous recherchez des vacances relaxantes et intéressantes, paisibles et stimulantes, fascinantes et différentes, alors les chambres et l’environnement magnifique de ce château sont fortement recommandés. Une bonne partie du château de la Volonière est troglodytique. Des arcades mènent vers une fontaine, des magnifiques arbustes, fleurs dans un superbe parc de 3 ha, une piscine avec cascade et barbecue. Optez pour une des chambres à thèmes : Roi Arthur, Roméo, Juliette, Barbe bleue, 1001 nuits... il y a des chambres et des appartements. Petit déjeuners et dîners disponibles sur demande, servis dans la chapelle du 12ème siècle. Qu’est ce que vous en pensez ?

Le propriétaire, monsieur Claude Becquelin sera heureux de partager avec vous l’histoire de son château. Il a passé de nombreuses années à la restauration. De style renaissance, le château de la Volonière fut construit par Jean de Chambray en 1542. Pour cela, il utilise la pierre de tuffeau blanc. Le pavillon central renferme un remarquable escalier aux plafonds ornés de 162 caissons sculptés offrant au regard les blasons des de Chambray ainsi que des motifs végétaux, des scènes mythologiques, des animaux, certains symboliques comme la salamandre (chère à François Ier)...

Les photos (56)+(57)+(58) et (59) sont tous du Domaine de Poncé.

 A peine reparti en vélo, je découvre sur ma gauche un autre château, celui de la Flotte. J’arrête à nouveau et fais une photo, (60) de ce château Renaissance et qui présente une élévation animée de corniches et de baies à pilastres ioniques, tandis que la façade postérieure s'ouvre sur les jardins par une galerie italienne couverte en terrasse. Mais l'élément le plus admirable du château est sans conteste son escalier Renaissance. Ses six volées droites sont couvertes de voûtes à caissons, sculptées avec une très grande finesse de motifs allégoriques, réalistes ou mythologiques. Il était jadis précédé d'une loggia donnant accès aux jardins. Ceux-ci, outre des jardins à la française et à l'italienne recèlent un labyrinthe végétal, une allée voûtée et un pigeonnier monumental.

 C’est ici que je vais quitter le Loir en le traversant pour la dernière fois pour aller à un kilomètre sud du village de Couture-sur-Loir, où se trouve le Manoir de la Possonnière, résidence familiale et lieu de naissance de Pierre de Ronsard, le poète français le plus célèbre de la Renaissance. Il y est né en 1524, dans une famille de petite noblesse, et y a passé son enfance pouvant se promener dans la Forêt de Gâtines à l’époque qui touchait au domaine du manoir. Destiné à la carrière des Armes et de la Cour du Roi de France, il devient Page des fils de François Ier et à ce titre séjourne en Ecosse.

Atteint de surdité partielle, il doit abandonner la carrière militaire. Il rentre dans les ordres (mineurs) ce qui lui permet d'obtenir des bénéfices ecclésiastiques. Avec Jean Antoine de Baif et Joachim du Bellay il suit, à Paris, l'enseignement de Jean Dorat, leur amitié débouchera sur la création de ‘La Pléiade’.

Ronsard publie ses premières Odes en 1550, elle le rendent rapidement célèbre. Sa production est alors importante et variée, il publie les Amours (de Cassandre) en 1552 puis ce sont les ‘Folastries’ en 1553. A partir de 1560 des éditions globales de ses oeuvres sont publiées.

A partir de 1562 la France bascule dans les Guerres de Religion, Ronsard se range du coté des Catholiques ; il manque d'y laisser la vie à Evaillé dans le Maine voisin. Il écrit de la poésie engagée avec les ‘Discours’. Il se calme et obtient, en 1565, le Prieuré de Saint Cosme près de Tours. En 1572 paraissent les quatre premiers livres de la Franciade. En 1574 le Roi Charles IX qui était l'ami, meurt. Ronsard, qui ne s'entend guère avec le nouveau Roi, Henri III, quitte la Cour. Il séjourne alors en Vendômois, en particulier dans le Prieuré Sainte Madeleine de Croixval sur la commune de Ternay, et dans son Prieuré de Saint Cosme. Il publie les ’Sonnets pour Hélène’ en 1578.

Ronsard est mort en 1585 dans le Prieuré de Saint Cosme et y est enterré. Sur la petite butte, de l’autre côté du chemin, je fais la photo (61) et (62) de la Possonnière. Malgré la présence d’un banc et table pour pique-niquer, je ne prendrai pas mon déjeuner ici. Un vent désagréable me chasse. Aussi, je reprends la route et continue en cherchant un bon endroit pour manger. Je traverse les bourgs de ‘Les Hermites’ et ‘Monthodon’ sans trouver l’endroit idéal. Quittant Monthodon, et un petit bois sur une route montante je découvre une longée d’herbe au bord de ce bois. Je descends du vélo et marche sur cette herbe et à travers les arbres du bois je vois que derrière, le champ se prolonge. Il y a quelques rouleaux de foin, non ramassés par le paysan.

Pour moi . . . . l’endroit idéal. Il n’y a pas le moindre brin de vent. Je m’installe bien pour prendre un déjeuner copieux. J’ai faim. (63) En mangeant et buvant, toujours du café, je regarde la route à faire sur la carte et constate que je traîne beaucoup dans le coin. Il faut dire qu’il y a de quoi regarder.

Même maintenant au moment où je mange, je vois au loin une maison où des charpentiers sont en train de couvrir le toit d’une maison avec des ardoises. Ils sont trois sur le toit. Ils travaillent en équipe avec une telle rapidité. Le temps que je prenne mon déjeuner, eux, ils couvrent le tiers du toit avec ces ardoises. Ils auront fini de couvrir le toit avant que moi j’arrive à Blois. Alors, je plie bagage, remets le sac-à-dos et reprends la route pour Château-Renault. Dans le centre ville je monte à pied vers l’hôtel de ville et passe, pour faire la photo, par la porte d’entrée bien ornée. (64)

L’autre photo est prise devant l’hôtel de ville et montre la tour. (65) Quand je redescends le chemin vers le bas de la ville, il s’agit de trouver la D.56 pour Saunay. Par chance je vois au loin le panneau indiquant la direction tout droit. Je quitte la ville et sa circulation et retrouve la campagne. Je traverse Saunay, et Saint Cyr-du-Gault et continue maintenant pour Herbault. Avant le village Françay je vois une jachère fleurie avec le panneau : ‘Les Rosiers’ photo (66) Le jardinier s’est vivement trompé. J’en suis sûr . . . . ce ne sont pas des rosiers.

Après Françay, je traverse l’autoroute A.10 et arrive à Herbault. Je passe par Saint Lubin-en-Vergonnois et continue vers Blois. La nuit va arriver et la circulation aux heures de pointe est intense. Les routes dans la partie nord de la ville sont mauvaises. Je cherche à éviter les trous dans la chaussée. Malgré les pistes de vélo, je préfère rester sur la route parmi les voitures en évitant les obstacles. Je roule vite pour ne pas gêner la circulation. Je cherche le centre ville et une boulangerie pour faire tamponner ma carte de route pour la quatrième fois. Là, voilà la Boulangerie Olivier Chaufour. (67) Je descends de vélo, fais pointer et ressors avec un gâteau aux amandes. En dehors du magasin je décide de couper le circuit de la randonnée puisque la nuit gêne pour faire des photos. Dommage parce qu’après Cheverny, la route mène vers Amboise, en direction de la maison. Sachant qu’il y a encore des photos à faire, il faudra continuer demain. Je vais donc prendre le chemin du retour en passant le long de la Loire à Candé-sur-Beuvron, Chaumont-sur-Loire et Amboise. Malheureusement à Candé déjà je me trompe de route et atterris à Les Montils au carrefour avec la D.764. Je ne m’en suis aperçu qu’en voyant les panneaux Seur et château Beauregard. En regardant la carte sous une lanterne, je décide de prendre la grande route qui passe à Montrichard, Loches et Sainte Maure-de-Touraine. Je rentre à la maison à 23.30 heures. J’ai roulé aujourd’hui 334 km.

 Le samedi matin à 6 heures de ce 3 novembre, je reprends le vélo pour la quatrième journée à Blois en passant par Loches, Montrichard, la même route qu’hier soir. Le temps est semblable, sombre, 10° environ, et l’air est un peu plus humide. Le petit vent côté nord-est ne gêne pas trop.

La route est bonne ; je roule sans me fatiguer ; les jambes pédalent bien. A Montrichard je commence à avoir envie d’un café. A l’entrée de la Forêt, j’arrête un instant à l’aire de pique-nique (68) C’est le sentier pédestre du Val des Palombes où je prends mon petit déjeuner. La première bouteille thermos de café est vidée sur place ainsi que quelques gâteaux au chocolat et abricot.

Je repars ; la brume au loin ne promet pas une belle journée. Peu de temps après des gouttelettes s’installent sur les lunettes et la route devient humide mais il ne pleut pas franchement.

 Après Blois je reprends le circuit. A Cheverny, je pédale autour du village et son fameux château bâti d’un seul jet de 1624 à 1634 par le comte Hurault de Cheverny. On associe Cheverny avec : le tourisme, la richesse et le luxe d’un côté mais il existe aussi la pauvreté. Cela va ensemble ? Photo (69) Hôtel Saint Hubert ; photo (70) magasin de toutes sortes de motos ; photo (71+72) deux malheureuses maisons. Je quitte la ville après l’église de Cheverny, photo (73)

Les petites routes passent par Chitenay et Cellettes. De loin je vois le château Beauregard. Une tradition locale veut que Beauregard ait été un pavillon de chasse de François 1er, à proximité de Chambord auquel il était relié par une longue allée rectiligne. Le Roi en fit don à son oncle, le Bâtard de Savoie.

De 1850 à 1925, Beauregard changea plusieurs fois de propriétaires – le comte de Cholet, pair de France, de 1850 à 1912 – M. Louis Tillier qui fit d'importants travaux dans le parc jusqu'en 1925. C'est par M. et Mme Marcel de Gossellin en 1925 que le château entra dans la famille des propriétaires actuels. Le Comte et la Comtesse Alain du Pavillon en héritèrent en 1968 et par d’importants travaux d'aménagement restaurèrent château et communs, travaux qui se prolongent à l'heure actuelle par la restauration des 327 portraits et des boiseries de la Galerie des Illustres. Les communs et le parc ont été inscrits en 1992 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Commencèrent alors les travaux de restauration du parc et la création du Jardin des Portraits, sur le plan de Gilles Clément, avec en projet une cédraie ainsi qu'un jardin d'écorces.

 

Aujourd’hui : Recevez à Beauregard :

A 6 km de Blois, 7 km de la sortie d’Autoroute

se dérouleront dans un cadre exceptionnel :

réception déjeuner, dîner assis,

réception de mariage,

événementiel

tournage de films.

 

Je suis tenu de payer 4,50 euro, si je me promène dans le parc. Je réussis quand même à faire les photos (74+75)

Je retourne à Cellettes et continue la route à Seur, Les Montils et Candé-sur-Beuvron où je fais la photo (76) du village.

A Chaumont je traverse le pont pour faire une photo du château avec le village (77) et la Loire en avant-plan.

Derrière mon dos se trouve les sculptures concernant le Touraine-Mesland, une AOC depuis 1955. (78) Terre authentique, elle est réputée pour le niveau incontestable de ses vins et pour sa tradition vigneronne qui remonte au 11ième siècle.

Ici, la culture de la vigne est intimement liée à l'histoire. Les Romains furent les premiers à planter. Les moines défricheurs de l'abbaye de Marmoutier, près de Tours, donnèrent toute son importance à cette culture en défrichant la forêt et en s'installant à Mesland où ils édifièrent le prieuré.

J’aimerais bien déguster ce vin, mais plus tard . . . .

Je remonte sur le vélo et continue pour Onzain tout en pensant aux 230 ha de bon vin.

 Au centre je tourne sur la gauche pour Monteaux, Cangey, Limeray. A Pocé-sur-Cisse j’arrête au château et rentre dans le parc. A l’origine chapelle dédiée à la vierge, les propriétaires successifs en feront un château. Des croisades au développement industriel, le château a survécu au temps qui passe sans dommages.

Dans le parc je me promène avec mon vélo à la main à la recherche de quelques belles photos. Voir (79+80+81+82). Non seulement le château a survécu au temps mais aussi certains arbres. Vous voyez mon vélo (cadre 63) au pied de l’arbre ?

C’est ici dans ce parc, assis sur un banc et face au château, que je vais manger mon pain et boire ma deuxième bouteille de café, tout en admirant ce château.

Vous souvenez-vous de l’arbre que j’ai photographié dans le jardin de la Gouspillère le premier jour, l’arbre avec des branches tombantes ? Là-bas, je vois la même espèce, au nom de : ‘Epicéa du Colorado’ Le petit panneau indique :

’se rencontre à l’état naturel dans les montagnes rocheuses entre 2000 et 3000 m d’altitude souvent au bord des cours d’eau. Rustique, il est idéal pour les terrains pauvres et pierreux et il supporte la pollution atmosphérique. Il a donné naissance à de nombreuses variétés horticoles dont le ‘sapin’ bleu de Koster (Picea pungeus Kosteri’).

 Tout content et bien rassasié, je repars pour Amboise. C’est étonnant mais j’ai un pressentiment que le trajet ne se finira pas aujourd’hui non plus.

Au milieu de la Loire, sur l’Ile d’Or, je fais une photo de la ville avec son château (83) Ensuite je vais passer au camping à côté pour voir si la statue de Léonard de Vinci est toujours à sa place.

Eh bien oui, il est là. Je prends la photo (84)

Né le 15 avril 1452 dans un petit village de Toscane (qui porte aujourd’hui son nom), à l’ouest de Florence, il était fils d’un riche notaire et d’une paysanne. Il est élevé par son grand-père paternel et consacre la plupart de son temps à jouer dans la nature et à observer, ce qui explique peut-être sa passion future pour elle et son insatiable désir de percer ses secrets. Dès 1460, la famille De Vinci s’installe à Florence où Léonard, âgé alors de 8 ans, reçoit un solide éducation.

Dans sa vie il a été peintre, architecte, décorateur, sculpteur, organisateur de tournois et de bals masqués. Il publie des essais sur la botanique, l’anatomie, la géologique et s’adonne à toutes sortes d’expériences.

François Premier, fasciné et séduit par Léonard De Vinci, l’engage comme ‘Premier peintre, architecte, et ingénieur du roi’ et lui achète plusieurs de ses tableaux pour une somme considérable (dont ‘la Joconde’). Le roi installe Léonard au château de Clos-Lucé près d’Amboise où ce dernier organise, en l’honneur de son protecteur, fêtes équestres, mascarades et feux d’artifices. Léonard y finira ses jours paisiblement en se consacrant à des travauxd’architecture pour les châteaux royaux et à la recherche scientifique. Il y mourra le 2 mai 1519 à l’âge de 67 ans et léguera l’ensemble de ses notes techniques à Francesco Melzi, son élève, en espérant qu’elles soient publiées. Ce n’est que quatre siècles plus tard que le génie de Léonard éclata au grand jour.

Au fait, Amboise est aussi mon point de contrôle. Je traverse l’autre moitié de la Loire et cherche une boulangerie dans la rue Nationale (85). Les vendeuses veulent tout savoir sur la Randonnée Permanente de A.S.Luynes, et moi . . . sur leurs spécialités comme par exemple leur pain ‘Pavé d’Amboise’ : du pain aux graines avec une croûte croustillante ; je déguste un morceau que l’on m’offre. Je quitte le magasin avec le tampon sur ma carte de route et une autre spécialité qui s’appelle : ‘Croquis d’Amande’.

Dès que je quitte la rue piétonne, je vois la chapelle St.Hubert, j’en fais une photo (86). La chapelle fut bâtie en 1491, et demeure le seul vestige des bâtiments qui longeaient le rempart. Dans le transcept se trouve la tombe où sont ensevelis les restes présumés de Léonard de Vinci, mort à Amboise.

 Je monte sur mon vélo et retraverse le pont pour Nazelles-Négron, Noizay et Vouvray.

J’arrête au château Moncontour. C’est un vignoble et un musée. Je fais une photo (87) Le Vignoble de Moncontour fut créé au 4ième siècle environ. On le connaît depuis le temps où Saint-Martin était évêque de Tours (Moncontour était alors une dépendance de l’évêché, selon la tradition). Le château actuel date de la fin du 15ième siècle. Il fut la propriété des seigneurs de Touraine (Guillaume de Sainte Maure, …). Il est de style renaissance française, ses façades ont été remaniées au 18ième siècle.

 Il n’y a pas que moi qui aime le vin de Vouvray (d’ailleurs premier vin que j’ai bu dans ma vie), Balzac (1799-1850) convoita longtemps Moncontour sans jamais l’acquérir, mais dans son roman ‘La femme de trente ans’, il immortalisa à tout jamais Moncontour et ses vins ; il en parle souvent dans ses lettres . . . à son amie Madame la Princesse Hanska.

Le musée comprend : la vigne, la vinification et la dégustation. Une fois les grappes vendangées et pressées. La vinification peut démarrer. Commence alors un long et lent processus pendant lequel le sucre contenu dans le jus de raisin subit une fermentation alcoolique sous l’effet de levures présentes naturellement à la surface des grains. Ce processus doit être surveillé avec soin car de nombreux paramètres peuvent affecter la qualité du vin : température de fermentation, manipulations, méthodes de stockages.

 Je reviendrai plus tard au château Moncontour pour une visite détaillée de son musée. Pour l’instant je dois continuer mon circuit qui mène à Marmoutier dont je parlais toute à l’heure à Touraine-Mesland en face du château de Chaumont.

 L’Ancienne abbaye de Marmoutier fondée par Saint Martin en 372 devient rapidement célèbre et riche et comptait peu après sa création déjà 80 moines.

En 853 elle est pillée et détruite par les Normands qui tuèrent plus de cent religieux.Un peu après l’an Mil, sous l’impulsion de l’Abbé Bernier, l’Abbaye se développa considérablement et devint une des plus riches d’Europe. Pendant les luttes féodales de la deuxième partie du 11ième siècle l’Abbaye fut sérieusement endommagée par le Comte d’Anjou, Geoffroy le Barbu. Le monastère, devenu insuffisant, est complètement reconstruit au début du 13ième siècle par l’Abbé Hugues des Roches, à cette époque plus de cent Prieurés dépendent de l’Abbaye qui est extrêmement riche.

En 1562, au début des Guerres de Religion, l’Abbaye de Marmoutier est pillée par les Protestants, elle ne se relèvera pas vraiment de cet événement.

L’Abbaye est vendue comme bien national en 1799, pendant la Révolution Française, et une vingtaine d’années plus tard la plupart des bâtiments, église, cellules des moines, sont démolis.

Il ne subsiste que le Portail de la Crosse, deux tourelles sur la façade ouest et une Tour adossée au coteau.Depuis plus d’un siècle maintenant c’est un établissement d’éducation. (88)

 

A nouveau je me rends compte que les journées sont courtes. La nuit arrive et il me reste encore quelques dizaines de kilomètres à pédaler.

Par le pont Mirabeau je traverse Tours et à Saint Avertin je prends la route pour Esvres,Saint Branch et Sainte Maure-de-Touraine. J’arrive à Nouâtre à 20.30 heures.

J’ai roulé aujourd’hui 250 km

 Le dimanche matin du 4 novembre à 6.00 heures, je prends le départ pour la dernière fois sur cette Randonnée Permanente de Nord Touraine. Il me reste à faire la partie de Tours jusqu’à Luynes en passant par Semblancay. Le temps est semblable à hier.

Je passe à St.Epain, et me dirige vers Thilouze. Juste avant le village, je m’effraye d’une bichette qui, au lever du jour et de ma venue bien sûr, cherche au dernier moment à disparaître dans les broussailles d’un bois à côté de la petite route de campagne. Il n’y a pas de circulation. Le temps idéal pour faire du vélo. Les paysages défilent. Je traverse Pont-de-Ruan, Ballan-Miré et me dirige vers Pont Cher.

Etant donné mon passage à la Possonnière, dans le village Couture sur Loir, je décide de passer par le jardin des Prébendes pour faire la photo de l’écrivain, Pierre de Ronsard (89). Je tourne ensuite autour du jardin Botanique où de grands travaux sont en cours.

Une serre est construite, plus haute encore que l’ancienne et tout est en verre transparent. Je file à la Loire et traverse le pont Napoléon. A St.Cyr je monte la côte et prends la D.36 pour St.Roch.

A l’étang de Jumeau je m’arrête pour prendre une pause café et une photo (90). Les deux pêcheurs un peu plus loin sont tranquilles et surveillent attentivement leurs cannes à pêche. Je ne les dérange pas. Je mange mes gâteaux et après avoir bu mon

café, je reprends la route pour Charentilly en passant par le château de Poillé. C’est une construction récente (1840) photo (91). Par des petits chemins je continue ma route pour Semblançay. D’ici, la route descend par Le Serrain, la Louzardière, Pernay, la Perruche, Luynes.

Un dernier arrêt devant le château la Mignonerie pour une photo (92) de ce château, 16ième , 18ième siècle.Quand je rentre dans Luynes, je fais le dernier pointage dans la même boulangerie (93) qu’au départ de la Randonnée . . . .

Et voilà la boucle est bouclée.

Avec un dernier gâteau je rentre sous les Halles de Luynes où je suis accueilli et récompensé par une grande foule de fleurs, attachée le long des piliers des Halles (94).

J’ai roulé aujourd’hui 173 km.

 Merci Luynes, merci A.S. Luynoise pour le beau trajet avec un patrimoine très riche.

 

Ferdy Los.

Inter.cartier@wanadoo.fr

Ass.Cycliste Balesmes

www.acb-descartes.org

 


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