LA CIBLE DU JOUR ...

Vendredi 20 juillet 2012 @ 07:26:52



Pédalons jusqu'à l'Abbaye Notre-Dame des Châtelliers.


Le cycliste et le vent ne forment pas toujours de bons amis, aussi aujourd’hui je prends la direction contre le vent, c’est-à-dire vers le sud-ouest.


Lundi 16 juillet, tôt le matin, je vais à Marcilly-sur-Vienne, avec la côte de Peuil (16%) pour commencer mon périple en direction de Parthenay.

A la hauteur des ‘Noraies’ un renard quitte les maisons, traverse la route devant mon vélo, pour s’enfuir dans le champ de maïs. Le renard doit savoir qu’il y a un particulier par ici qui possède quelques poules dans son jardin !?

Je monte la côte à faible allure et en haut de celle-ci je calme la cadence respiratoire tout en regardant le ciel, le paysage et surtout en contrôlant la force du vent qui n’est que de 3 à 4 Beaufort.

La descente à Luzé se fait à plus de 50 kms/heure jusqu’en face de l’église ou je tourne à gauche vers Braslou. A peine quitté le bourg une deuxième ‘butte’ que je monte avec un peu plus de panache que la première.




A La Babinière, élevage de ‘biques’ ; j’arrête pour faire ma première photo de la charrette, sous le hangar, cachée par la verdure, mais exposée au soleil.


Je remonte sur mon vélo pour descendre sec sur le village de Braslou. Au centre bourg je prends la route pour Razines, le chemin ‘ondule’ régulièrement.
Avant d’arriver à Faye-la-Vineuse je trouve que la collégiale Saint-Georges vaut bien une photo.




Construite sur une colline de 110 m d'altitude, dominant les alentours, elle est le principal monument de la commune de Faye et fut un bâtiment religieux très important à l'époque médiévale.
Elle a été fondée en 1039 par Dame Nivès, seigneur de Faye et fut remaniée aux XIIe et XIXe siècles.

L’ensemble est de style roman mais sa conception annonce le gothique. Elle est du Poitou de par son chevet et ses absidioles, du Val de Loire par les hautes fenêtres de la nef et de l'abside, du Berry par ses deux passages latéraux reliant la nef et le chœur, byzantine par ses piliers lisses sculptés à leur base et portant de magnifiques chapiteaux, par son chœur et sa chapelle rayonnante.
Elle possède une nef et un chœur très bien conservés.
La crypte possède de magnifiques chapiteaux du XIIe siècle.
Vue du ciel, l'église de la collégiale a la forme d'une croix latine tournée vers Jérusalem (c'est-à-dire vers le sud-sud-est).

Du haut des terrasses fortifiées le panorama est superbe.
La collégiale Saint-Georges est la seule église restante de la commune sur les quatre qui existaient encore au XVIIIe siècle.



Bientôt j’arrive à la limite du département d’Indre-et-Loire que je quitte pour continuer dans celui de la Vienne.


A Prinçay, je remarque un petit panneau sous le nom avec les mots ‘tenue de l’Eglise’. Il n’y a personne dans le voisinage à qui je puisse demander la signification.




Je traverse d’abord Monts-sur-Guesnes puis la forêt de Scevolles et arrive à l’intersection avec la Nationale 147, Angers-Limoges.
Ici, je respecte le stop et préfère bien regarder à deux fois la vitesse de la circulation rapide avant de traverser.

En route maintenant pour Saint-Jean-de-Sauves, Mazeuil, Thénezay et La Ferrière.
Ici, derrière l’église, je prends ma première pause sur le banc/table dans le petit jardin public. Dans mon sac-à-dos je commence par manger toutes mes tartines de pain au fromage et pain d’épice, suivi par une banane et le tout arrosé par un ‘blanc’ du robinet.

Quand je repars, je traverse la route nationale 149 Nantes-Poitiers et roule sur la D.738.




Avant le Bois de Magot je rencontre la grotte de la vierge bien entourée par la verdure.
Je continue … St. Martin-du-Fouilloux, Vausseroux, Vautebis pour arriver à Chantecorps. Je suis finalement à 10 km. de St.Maixent-l’Ecole.




Le saint patron de l'église Saint-Philibert de Chantecorps fut le fondateur de diverses abbayes en Normandie puis à Noirmoutier en 677.
Le bâtiment est d'inspiration romane et a déjà subi plusieurs restaurations au fil des ans: la voûte fut ainsi refaite plusieurs fois (1602, 1863, 1914-1921).
Les vitraux actuels datent de 1939 et sont dus au maître verrier Gouffault d'Orléans.
L'autel actuel a été entièrement refait en 2005 et fut béni à cette occasion par l'archevêque de Poitiers.




Je continue mon chemin à la recherche de l’abbaye cistercienne Notre-Dame des Châtelliers.
Ce monastère d'hommes fut fondé en 1119 et fermé en 1791. Lieu de pèlerinage important au Moyen Âge, car abritant le tombeau de Géraud de Salles, fondateur de cette abbaye.
Richement dotée de terres, bois et étangs et bien administrée, cette abbaye devint une des plus riches des six abbayes cisterciennes du Poitou (Le Pin, La Merci-Dieu, Bonnevaux, L’Etoile et Valence), ce qui permit au XIIIe siècle la construction de beaux édifices gothiques.
Le duc Jean de Berry par exemple aurait offert le clocher de l'abbatiale vers 1400.
La reine Marie d'Anjou, veuve de Charles VII, y décéda en 1463.




Quatre ogives sont encastrées dans le mur d’une étable qui fut autrefois l’église des frères convers et du personnel. Une autre ogive indique, mais ce sont les dires de la tradition, la chambre de St.Bernard, celui-ci y ayant été hébergé. Ce n’est plus qu’une pauvre servitude en ruine.


Les moines des Châtelliers établirent un réseau de onze étangs artificiels aux proches abords du monastère, au confluent de la Vonne et de la Valouze, sans doute dès l’époque médiévale.
Divers ruisseaux canalisés parcourent encore aujourd’hui le site des Châtelliers, et les archéologues du XIXème siècle affirment avoir découvert de nombreux drainages en terre cuite et des canalisations de captation de sources. Le principe habituel d’un établissement cistercien au milieu d’un vaste réseau hydrographique est donc respecté et se retrouve aussi, par exemple, à l’abbaye du Pin (près de Poitiers).









Le Grand Etang des Châtelliers reste impressionnant ; il fut longtemps le plus étendu du département des Deux-Sèvres, avec une superficie de 24 ha. Un arrêté ministériel en date du 26 avril 1946 l’a inscrit, ainsi que les parcelles limitrophes sud, au titre de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.




Un beau pont à deux arches style roman, datant du début du XVIIIème siècle, enjambe le déversoir principal. Le pont contigu en usage actuellement date de la fin du XIXème siècle et fut offert à la commune par Alphonse Garran de Balzan.

L’ensemble du site des Châtelliers, devenu bien national fut vendu les 7 et 8 juin 1791 au conventionnel Jean-Philippe Garran de Coulon et son frère François Garran de Balzan.
L’achat, par l’intermédiaire du notaire Gibault, de Saint-Maixent, fut d’un montant de 57.200 livres.
Les nouveaux propriétaires proposeront aux villages environnants que l’ancienne abbatiale devienne leur église paroissiale. Ce sera refusé, en raison de l’isolement du monastère, et la démolition commencera le 19 juillet 1800.
C’est bien dommage qu’il nous reste que si peu de cette belle abbaye, dépecée progressivement et systématiquement pour de bien maigres profits.

Après avoir fait quelques photos je reprends mon vélo. La visite de ce lieu, où il y eu dans le passé une vie active, m’a pris du temps.
Vu qu’il me reste encore une centaine de kilomètres à faire, je décide de prendre le chemin vers le nord.








Sur la D.524 je mets le cap sur Coutières, La Pagerie, château Chilleau, où vous pouvez toujours louer des appartements T2 ou T3 (déjà mentionné dans le récit d’une précédente randonnée dans les Deux-Sèvres), Vasles, Latillé et Vouillé.

Je retraverse la Nationale 149, aussi dangereuse que ce matin, pour passer par Neuville-de-Poitou et Vendoeuvre-du-Poitou.
Par la D.757 je continue à Lencloître ou je prends une dernière pause sur la place au centre bourg et rentre à la maison en passant par Sossais, St.Gervais-les-Trois-Clochers, Leigné, Mondion, Marigny-Marmande.
Dans la descente de la côte de Peuil à Marcilly-sur-Vienne, je respire l’air frais de la soirée avant d’arriver à la maison.

Une belle journée de vélo avec 200 km sur le compteur et une bonne fatigue dans les jambes.

Ferdy Los



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