BORDEAUX - PARIS

Lundi 05 juillet 2010 @ 01:02:34

 

En route pour le Bordeaux-Paris cyclo, avec pause déjeuner à Sireuil sur la Charente.


Je participe à cette randonnée cyclos de 623 kms dans la catégorie 36 heures, le samedi 26 juin 2010.


Tresses, paisible village, célèbre ce vendredi après-midi le mariage d’un de ses citoyens à l’heure où nous arrivons.
Rien ne laisse penser qu’un grand nombre de cyclistes est attendu pour prendre le départ demain à 6 heures du matin et à 14 heures de l’après-midi. Il n’y a même plus de trace des cyclistes qui ont pris le départ ce matin tôt.
Le temps ce week-end sera beau et chaud (30°) avec très peu de vent.

Garés près du cimetière, nous nous occupons de chercher le dossier (dossard 713) et faire un tour à pied dans ce village de près de 4000 habitants afin de trouver une place pour pique-niquer et passer la nuit dans la nature.
Nous la trouvons à la sortie du village, près d’un quartier de belles maisons, dans le prolongement d’une rue sans issue.



A la lisière d’un petit bois, avec la vue sur la campagne et l’église Saint-Pierre nous trouvons un havre de paix. L’église, qui se composait, à l'origine, d'une nef unique, terminée par un chevet plat, a été agrandie par un bas-côté sur le flanc Nord au XVIe siècle, puis d'un autre au Sud au milieu du XIXe. Elle forme donc un édifice spacieux à trois nefs dominé par un grand clocher construit en 1877-1878.



Peu de temps après être installés, nous sommes rejoints par une famille dont le père est également cyclo.



La veille du départ le repas ‘cycliste’ passe au premier plan : il permet de tenir la route pendant l’effort ; ensuite le but est d’avoir une bonne et longue nuit de repos, ce qui sera le cas.



Le samedi matin vers 6 heures je me rends au point de départ ; faire contrôler les lumières ; tamponner la carte de route et me voilà parti dans une longue file de cyclos, étant donné qu’un départ ‘classique’ dans les rues étroites serait impossible.



La première longue montée par Camarsac fait son tri parmi jeunes et moins jeunes, parmi ceux qui ont une bonne condition ou pas. Celui devant moi arrête en haut de la côte pour vomir.
Pendant les premiers dizaines de kilomètres je compte quatre crevaisons ainsi que trois lampes arrière de vélo tombées par terre. Personne ne s’en occupe. Nous sommes partis pour Ballainvilliers.

Avec ma femme nous avons décidé de se voir seulement autour des points de contrôle.

Premier contrôle à Marthon (133 km) où je pointe et repars aussitôt. Je viens de rencontrer ma femme Eliane par Villebois-Lavalette, où j’ai changé de lunettes.



Second contrôle à L’Isle Jourdain (217 km) je me ravitaille et me repose un peu dans la voiture. Le labeur dans les champs de ces derniers temps laisserait-il des traces ? J’ai déjà un coup de pompe et je ressens en plus un petit tendon latéral au genou droit.



Troisième contrôle à Martizay (308 km) ou je pointe et repars toute de suite. Eliane m’attend à 500 mètres plus loin au parking.
Mon genou ne s’arrange pas ; c’est surtout à l’arrêt pour descendre de vélo et lorsque je marche que je ressens le plus le mal.
J’épargne un peu la jambe puisque la moitié du trajet est encore à faire.

Mon compagnon de la veille passe. Il va bien ; mieux que ce matin sur un tronçon près de La Roche Chalais avec plusieurs bosses où il avait été distancé par son groupe. En passant je lui avait crié : ‘prend ma roue’, pour le ramener de nouveau dans le groupe.

Dans la cohue à Martizay il ne me voit même pas, il pointe et repart.
Je remonte sur le vélo et pédale doucement au parking.
Je vais bien manger et me reposer à la fin de cette première journée où le soleil s’apprête à se coucher . . . eh bien, moi aussi.



Ma femme avait déjà préparé de quoi boire et manger.
Après un petit somme je repars en mettant les lumières et le gilet réfléchissant pour la nuit.


Peu après Le Tranger la voiture qui précède les cyclosportifs partis à 14 heures me double ce qui signifie que je roule plus lentement qu’il y a deux ans.

A l’entrée de St.Aignan, le premier groupe des cyclosportifs arrive ; je me range sur le côté de la route, dans une entrée de garage devant une maison. Je les laisse passer ainsi qu’une file de voitures suiveuses.

Deux minutes après je reprends le vélo dans un silence complet et suis des yeux le serpent de lumières rouges qui disparaît lentement au loin.


Quatrième contrôle à Noyers-sur-Cher (379 km)
Le pointage est au début et ma femme m’attend 100 mètres plus loin.
A part le genou, tout va bien et on se donne rendez-vous juste après Romorantin.


La route est longue dans la nuit. De temps en temps une ou deux lumières de vélo qui passent ; autrement très peu de circulation.
C’est la Sologne ; nos chemins sont sinueux dans cette région boisée.


Cinquième pointage à Romorantin (413 km)
Dans le Centre de Loisirs, je pointe et j’en profite pour boire plusieurs cafés.
Je n’ai pas sommeil et je reprends immédiatement mon chemin vers la sortie où plusieurs personnes et cyclistes attendent.
J’entends quelqu’un dire encore :’vas-y et prend sa roue’.
Sans me préoccuper de savoir si l’on me suit, je quitte rapidement Romorantin. Le jour va bientôt arriver et le café fort laisse un bon goût.



Les noms de villages défilent. J’aime bien cette région.
Avant Châteauneuf-sur-Loire, je fais la rencontre d’un groupe de cyclos Néerlandais du Lion’s Club de Hattum-Heerde qui sont en vacances et se promènent pour quelques jours dans les alentours.
Je leur parle en français mais ils demandent assez vite si je ne parle pas anglais. On continue alors la conversation en anglais . . . Ils trouvent que les français parlent bien la langue de Shakespeare d’ailleurs !!!



Sixième pointage à Autruy-sur-Juine (552 km)
Je remarque que je roule prudemment depuis Martizay pour épargner mon genou droit.



Ma femme, qui se fait du souci pour le genou, s’est arrangée avec les gens de l’Hôtel–Restaurant du Cygne pour avoir un pochon de glaçons. A mon arrivée au pointage je ne résiste pas, je m’assois avec une jambe sur une chaise, la glace sur le genou et un coca à la main.



Une heure plus tard, après une petite restauration à la voiture, je décide de finir les quelques kilomètres restants vers Paris.

J’arrive à Ballainvilliers à 17 heures après avoir parcouru les 623 kilomètres.



Plaque Bordeaux - Paris 713
Place Catégorie : 264
Epreuve réalisée en 34h57
Moyenne : 17,768



Ferdy Los



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