RANDONNEE AUX SOURCES DES RIVIERES EN LIMOUSIN

Samedi 16 janvier 2010 @ 14:29:58

Aujourd’hui, jeudi 27 août 2009, c’est le départ pour faire à vélo une randonnée découverte dans le Limousin en passant par des sources de rivières, tout en séjournant dans un chalet à Chamberet.




Le Limousin, une des 22 régions françaises, est composé de trois départements : Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Situé presque en totalité sur le Massif central, il regroupe environ 740.000 habitants sur près de 17.000 km². C’est la deuxième région la moins peuplée de France métropolitaine après la Corse. Le Limousin est aussi surnommé territoire ‘château d’eau’, car de nombreux cours d’eau y prennent leur source. Le point culminant de la région est situé au cœur du plateau de Millevaches, en Corrèze. Il s’agit du Mont Bessou (976m) Le châtaigner, l’arbre symbole du Limousin, se retrouve dans le logo du Conseil régional. Basé sur la randonnée permanente des trois rivières l’Indre, la Creuse et la Vienne de la FFCT et adapté à la région à traverser et aux besoins personnels, je visiterai également d’autres sources, celles du Cher, de la Corrèze et de la Vézère. Le temps pour la semaine à venir sera variable ; pas trop chaud et pas trop froid.

 

De Nouâtre je pédale directement à Chinon, Beaumont-en-Véron et à l’embouchure de l’Indre. La Centrale Nucléaire d’Avoine me confirme la direction du vent.

Je descends à pied à la rivière où je fais ma photo de la jonction avec la Loire, endroit qui est également un bon petit coin de pêche gardé bien secret. J’ai encore le choix entre les deux rivières, soit la Loire soit l’Indre à vélo, vu les deux pancartes. L'Indre est une rivière qui prend sa source dans les Monts de Saint-Marien sur le territoire de Saint-Priest-la-Marche dans le département du Cher (18), à la limite du département de la Creuse (23). Elle se jette dans la Loire au Néman (commune d’Avoine), dans le département d’Indre & Loire. Elle s'écoule sur une longueur de 271 km dont la moitié est dans le département de l'Indre. Je vais la remonter en commençant par la route D.7.

 

Le château de Rigny-Ussé datant des 15ième et 16ième siècles, d’une étonnante blancheur, dresse avec charme ses tourelles et ses clochetons. Surnommé le château de la Belle au Bois dormant pour avoir inspiré Perrault, il en retrace l’histoire à travers des personnages de cire le long du chemin de ronde. J’admire à nouveau les façades du logis qui sont d’empreintes de style gothique et Renaissance et dès la disparition de quelques touristes, je fais une photo.

 

Arrivé au moulin d’Azay-le-Rideau, je remarque bien le niveau d’eau très bas. Le manque d’eau donne l’impression d’un village sans habitants.

 

A Saché, je m’introduis dans le jardin du château pour admirer le logis de Renaissance française. Le château est célèbre pour avoir hébergé régulièrement Honoré de Balzac. Il y a fait plusieurs séjours entre 1825 et 1848 afin de trouver calme et tranquillité nécessaires à son écriture, se reposer et fuir ses créanciers et éditeurs parisiens. Depuis 1951 le château abrite le musée Balzac. Saché fut notamment le lieu d’inspiration principal du roman ‘Le Lys dans la vallée’ mais également le lieu d’écriture d’une quinzaine d’autres œuvres de ‘La Comédie humaine’, dont ‘Le Père Goriot’, ‘Eugénie Grandet’ et ‘César Birotteau’ pour ne citer que les plus célèbres. Je continue de pédaler le long de l’Indre . . . à Pont–de-Ruan, Artannes, Monts, où je m’arrête un instant pour une petite collation au Ponton Handi-Pêche, le seul que je connaisse dans notre pays.

 

Au centre de Montbazon je fais une photo du Donjon. En 991, les moines de Cormery se plaignaient auprès du roi que Foulque Nerra, le terrible comte d’Anjou construisait une forteresse sur leurs terres à Montbazon. C’était le début des châteaux forts en France. A partir de 994, l’imposant donjon dominait ce point stratégique sur l’Indre, témoin de nos jours de la lutte acharnée du Faucon Noir contre les puissants comtes de Blois vers la fin du 10ième siècle pour s’emparer de la Touraine. Pour arriver à ces fins, il construira pas moins d’une vingtaine d’emplacements militaires. Mais ce guerrier impitoyable, aussi visionnaire que violent – il brûla sa première femme – était également un chrétien dévoué et construira autant d’édifices religieux et fera quatre pèlerinages à Jérusalem en expiation de ses excès. Montbazon, site fortifié depuis l’époque gallo-romaine, ce ‘mont’ rocheux a appartenu ensuite à un certain Bazon, d’où vient le nom de la ville qu’il surplombe.

 

Je suis la rivière par Veigné où l’église attire mon attention et ensuite à Cormery. Les moines qui se plaignaient de Montbazon auprès du roi venaient d’ici. C’est en déambulant dans le village que l’on peut découvrir les vestiges de cette abbaye bénédictine fondée en 791. De l’église, seules subsistent la puissante tour clocher Saint Paul du 11ième siècle, ornée de bas-reliefs romans et la chapelle gothique Notre-Dame. On peut égalent admirer le logis du prieur desservi par une tourelle d’escalier, les arcades du réfectoire, un reste du cloître et le logis abbatial avec son appentis à colombages. Si vous voulez visiter, la clef se trouve à la mairie.

 

Par la D.17 je me rends à Courçay. Dans ce joli bourg accueillant, de cycliste je me métamorphose en marcheur et m’aventure sur le sentier de la Doué, sentier qui passe au pied des rochers. De retour et sans prendre l’occasion de me restaurer dans le petit restaurant au centre bourg, je repars à Reignac-sur-Indre, Azay-sur-Indre, Chambourg-sur-Indre et Loches, mon dernier pointage pour la journée.

 

La spécialité dans la boulangerie ‘La Parisienne’ , . . . le gâteau ‘Royal’, tout léger malgré le chocolat. Sur un banc public, je le savoure. Je me rends ensuite dans le parc pour profiter d’une belle vue sur le château et l’église Saint-Ours. Qui pourrait se lasser de la vue exceptionnelle qu’offre le jardin sur le Logis Royal, à droite, et l’église Saint-Ours ? D’ici, on voit que le Logis édifié au 14ième siècle, présente un aspect féodal, avec ses quatre tourelles, son chemin de ronde et sa tour. Une fonction défensive que vient asseoir la présence d’une échauguette que l’on aperçoit au niveau du pignon et qui permettait de surveiller les alentours. Quant à la partie septentrionale du Logis, datée du début du 16ième siècle, sa décoration annonce déjà la Renaissance. Trois belles lucarnes éclairent ainsi les combles dont on voit nettement que les toits ne se raccordent pas. A l’extrémité nord enfin, une gracieuse terrasse à balustrade de pierre donne sur la rue des Fossés Saint-Ours. A gauche du panorama, on peut apercevoir l’église Saint-Ours. Edifiée à la fin du 10ième siècle, mais revue au 12ième siècle, elle présente une silhouette pour le moins insolite avec ses quatre pyramides dirigées vers le ciel. Les deux clochers d’abord. Celui qu’on observe à l’ouest, de forme octogonale et d’aspect sévère, a été posé au 12ième siècle. Le clocher oriental est plus élégant, étage supérieur ouvert de deux larges baies et flèche bordée de petits clochetons d’angle. Moins élevées mais non moins spectaculaires, les deux pyramides octogonales creuses, les fameuses ‘dubes’, qui recouvrent la nef, font toute l’originalité de l’édifice.

 

Sur la photo, prise dans le jardin, vous remarquez également le buste de l’acteur Jacques Villeret. Jacky Boufroura est né à Loches, le 6 fevrier 1951, d’une mère tourangelle, Annette Bonin et d’un père kabyle algérien, Ahmed Boufroura. Le couple divorcera alors que Jacques avait neuf mois. Il vécut une partie de son enfance à Loches, pays de son beau-père Raymond Villeret. Il épousera Irina Tarassov, comédienne et auteur, le 26 décembre 1979 après deux ans de vie commune et élèvera Alexandre, le fils de sa femme, comme son propre enfant. Alexandre est en 2006 musicien et réalisateur. Jacques Villeret et Irina se séparent en 1998. Il rencontre Seny, une veuve africaine, qui s’apprêtait à quitter Lille pour vivre avec lui à Paris, quand une hémorragie interne l’emporte le 28 janvier 2005 peu avant ses 54 ans à l’hôpital d’Evreux. Il sera enterré à Perrusson, auprès de sa grand-mère maternelle qui fut, pour lui, la personne de sa famille la plus proche. Irina, son épouse, relate leur parcours, son accompagnement dans la carrière de son mari et leur combat face à la maladie qui emporta Jacques, dans un livre édité par Flammarion : ‘Un jour tout ira bien’. Le blason de la ville de Loches n’apparaît qu’au 15ième siècle et les loches (poissons) qui y figurent ne sont qu’un ‘jeu de mot’ pour faire référence au nom de la ville (ce n’est pas parce qu’il y a des poissons sur le blason que la ville s’appelle Loches mais c’est parce que la ville s’appelle Loches qu’on a mis des poissons sur le blason). Quittant Loches je prends la route D.760 à Manthelan pour rentrer à Nouâtre. J’ai roulé aujourd’hui 170 kilomètres.

 

Vendredi, le 28 août
Je retourne à Loches en passant maintenant par Sepmes, La Chapelle-Blanche-St.Martin, Vou et Mouzay. Je traverse le pont sur l’Indre pour tourner à droite à Châtillon-sur-Indre. De loin je distingue le donjon sur la butte au centre bourg. Je grimpe les ruelles jusqu’en haut pour profiter un instant d’une meilleure vue sur le donjon. A la fin du 17ième siècle, Sylvain Charost, prieur de Miseray, l’abbaye d’Heugnes (Canton d’Ecueillé) est arrêté. Il est accusé de complicité de meurtre à Châtillon-sur-Indre. C’est une grossière calomnie et il est innocenté en 1701. L’apogée de la ville se situe au 12ième siècle sous la domination des comtes d’Anjou, en particulier le conquérant de l’Angleterre Henri II Plantagenêt, seigneur de Châtillon de 1151 à 1189. C’est lui qui fit édifier le donjon que vous voyez sur la photo et les murailles de la forteresse destinée à devenir un point d’appui sur les frontières orientales de l’Anjou. Je redescends à vélo à l’Indre et continue les petits chemins vers Châteauroux.

 

A Palluau-sur-Indre, je fais une photo du château et à St.Genou je suis charmé par la beauté du ‘Canal du moulin’. A Villedieu, un beau coin de pêche et aire de pique nique ; je prends un en-cas en étudiant le parcours de pêche affiché.

 

J’entre par St.Maur dans la ville de Châteauroux en suivant la rivière. Pour savoir davantage sur l’Indre à Châteauroux je vous conseille de voir la sortie : ‘Randonnée Châteauroux’ du 28 juin 2009. Cette fois-ci je passe par la porte du Pont Perrin (15ième siècle) pour une photo.

 

Après le pointage au ‘Marigny’, je quitte la ville pour passer la nuit chez des amis à Ardentes, situé à la lisière de la Forêt de Châteauroux. J’ai roulé aujourd’hui 167 kilomètres.

 

Samedi, le 29 août
Un départ à 8 heures et en pleine forme malgré une nuit assez courte, j’entame une longue journée pour rejoindre Chamberet. Dans la ville de La Châtre, je suis l’Indre de tout près jusqu’à Ste.Sévère-sur-Indre. Vers l’an 630, une abbesse, nommée Sévère, fonda un monastère dont il ne reste plus aujourd’hui que le souvenir. La ville forte prit le nom de cette religieuse. Elle devint une place fortifiée, aux confins du Berry et du Limousin. Devant la maison de Jacques Tati et à côté de la statue du facteur, je fais une photo de la halle (fin 17ième siècle) Cette halle fut édifiée en 1696. Cent ans plus tard, elle se trouvait en état de délabrement avancé, et fit l’objet d’une restauration vers 1795. Pendant ma présence sur la Place du Marché, les hauts parleurs suspendus font retentir la musique légère de l’époque de Tati. D’ailleurs, Jacques Tati (1907-1982), cinéaste français, a tourné son premier film ‘Jour de Fête’ (1949) à Sainte-Sévère, rebaptisée pour l’occasion Follainville. Les habitants formèrent le gros des figurants. Durant l’été 1947, Jacques Tati débarqua avec une petite équipe technique et tourna 6 mois durant son premier long métrage, ‘Jour de fête, un film de 75 minutes tourné en Thomsoncolor. Chaque habitant participa avec enthousiasme, à ce qui allait devenir un des plus grands moments de l’histoire du village. Un scénovision ouvert depuis le 4 avril 2009, dédié à l’œuvre de Jacques Tati, est proposé aux visiteurs de Sainte-Sévère-sur-Indre. Je remarque de nombreuses curiosités à découvrir. Par exemple le donjon sur une motte dont il ne subsiste plus qu’une moitié, une porte de ville, des maisons à tourelles, le château etc. Il me manque le temps de tout voir et sans oublier bien sûr la maison de Tati. Je me promet de revenir ici pendant une prochaine randonnée vélocipédique. La rivière Creuse, ainsi que la Petite Creuse feront l’objet par exemple d’une autre randonnée, plutôt consacré à George Sand et aux peintres (impressionnistes) de l’Ecole de Crozant, puisque George Sand appréciait la région. Par la D.917 je quitte Sainte-Sévère pour aller à St.Priest-la-Marche. A l’entrée du bourg je loupe le petit panneau indiquant la source de l’Indre sur la droite. Je file, monte la côte et quitte St.Priest-la-Marche. Je tourne dans les hameaux autour de la source.

 

A Magnoux, je prends le temps de voir le panorama (504m) avec table d’orientation ; pour revenir ensuite de nouveau à St.Priest-la-Marche. Cette fois-ci, je ne loupe pas le panneau et peu de temps après je me retrouve à la source de l’Indre.

 

Au premier coup d’œil, la source est propre, le terrain autour bien entretenu et je prends une petite pause pour savourer la tranquillité de cette petite oase.

 

En route pour Préveranges afin de faire tamponner la carte de route et . . . à la sortie du village, je remplie mes bouteilles d’eau à côté du cheval avec charrue. Personne ne bouge . . . j’en profite pour faire ma photo.

 

Arrivé à Boussac-bourg, l’horloge de l’église, couchée par terre, m’indique l’heure exacte et 2 km plus loin je me retrouve dans Boussac avec sa Petite Creuse.

 

Je prends la D.917 et 2 kilomètres à droite un petit chemin qui mène à St.Silvain-Bas-le-Roc avec pour but de visiter ‘Les Pierres Jaumâtres’, situées au sommet du mont Barlot sur la commune de Toulx-Sainte-Croix. La route monte et monte pour finir à 800 mètres de ces pierres, car le sentier qui continue est en promenade pédestre. Ces pierres sont un amas granitique comme on peut en rencontrer plusieurs dans le département de la Creuse, notamment au lieu dit Rigole du diable, dans la vallée du Taurion sur les communes de Royère-de-Vassivière et Le Monteil-au-Vicomte. Elles constituent un site naturel classé. On ne saurait mieux que George Sand, décrire ‘Les Pierres Jaumâtres’ comme elle l’a fait dans son roman ‘Jeanne’.

 

Faute de bonnes chaussures, je quitte le lieu pour continuer ma route à Toulx-Ste.Croix. Je photographie le village avec son église romane à clocher séparé et avec l’ombre de la Tour d’observation (1932) à ma droite. Elle a été rénovée et permet de voir un panorama à 360° du canton de Boussac. Je redescends la route D.14 pour arriver de nouveau sur la D.917 à Chambon-sur-Voueize. Le courant de la rivière est faible.

 

6 kilomètres plus loin, à Evaux-les-Bains, la route D.915 passe devant l’église St.Pierre-et-St.Paul. La Voueize, longue de 53 km et la Tardes, longue de 86 km, passent dans la station Thermale. C’est aussi le confluent du Cher et de la Tardes.

 

Après le pointage dans la boulangerie de Bouriquat, avec comme spécialité ‘le Creusois’, que je mange avec appétit, je continue ma route. Je traverse La Tardes qui est une rivière irrégulière et qui coule en région limousine. La route mène à la source du Cher près de Mérinchal, mais d’abord je quitte Evaux-les-Bains, passant par la fontaine Sainte Valérie.

 

Vu l’heure de mon arrivée à Mérinchal, 18.00 heures, je décide tout d’abord de pointer dans le bourg. Quand j’arrive dans le centre, je constate que l’office de Tourisme vient de fermer, ainsi que la mairie, qui se trouve installée dans ‘le château de la Mothe’. Aussi la boulangerie se trouve fermée. Alors j’entre dans le Bar-Restaurant ‘Le Pit’CHU’ pour un tampon sur la carte. Un bon café par la même occasion me fait du bien. La commune de Mérinchal est considérée historiquement comme la porte des Combrailles. C’est la raison pour laquelle elle est une des rares communes du canton de Crocq à ne pas faire partie du Parc Naturel Régional de Millevaches, bien qu’elle soit une commune château d’eau en ayant sur son territoire la source de la rivière du Cher. Avant que la nuit tombe je veux avoir visité la source. Sans tarder je repars à sa recherche. La verdure cache un petit panneau indicateur que je loupe bien-sûr . . . et me voilà sur les petits chemins perdus. Une vieille maison avec une personne debout devant la porte d’entrée m’indique la route à prendre. Convaincu, vu l’accent, que c’est un anglais ‘éméché’, vivant seul et abandonné loin de la civilisation, je suis quand-même ces instructions. C’est un coin de verdure, cultivé et avec un plus : un banc pour s’asseoir. Je me permets d’y bien manger. Du pain, compote de pommes, du riz au lait, de la semoule. La température descend et je préfère rouler avec le ventre ‘rond’. Les bidons sont remplis d’eau. Un survêtement chaud pour la nuit est vite sorti de mon sac à dos.

 

Le Cher est une rivière du centre de la France. Elle prend sa source à Mérinchal, dans le sud du département de la Creuse et se jette dans la Loire à Villandry, dans le département d’Indre-et-Loire, après un trajet de 367 kilomètres. Avant de remonter sur le vélo, je regarde bien la route à suivre. La route me conduit à Crocq, La Courtine, Sornac, Millevaches, St.Merd-les-Oussines, Bugeat, Treignac et Chamberet. Je suis parti. Je réussis à faire une dernière photo de Crocq.

 

Maintenant il ne me reste plus qu’à pédaler. La température me descend de trop pour traîner dans la nuit. Les chemins sont sinueux et dangereux par les gravillons. Je n’ose pas rouler vite de peur que le prochain virage soit plus pointu que prévu. Tout marquage est absent. Il y a très peu de circulation. Heureusement que les lampes éclairent bien devant moi. Il me reste 125 km à peu près à rouler. A Chamberet j’ai loué un chalet. Ma femme et ma belle-mère connaissent mon périple et m’attendent. Le prochain pointage à La Courtine sera pour une autre fois. Je ne veux pas effrayer les commerçants, peut-être encore ouverts, en demandant un tampon en pleine nuit ! Je pédale ; je ne distingue plus rien sur les bas-côtés de la route et la lune est brouillée, par conséquent cela ne m’aide pas beaucoup. Les lanternes de ‘La Courtine’ arrivent et ma mémoire visuelle de la carte me dit : un peu à droite et ensuite à gauche. Je roule plus vite pour que les lampes éclairent au maxi les panneaux de route. Cela se passe bien. Je vois le nom de ‘Sornac’ sur la gauche ; je tourne et . . . je suis de nouveau dans le noir complet. Je regarde intensivement la chaussée ; il n’y a pas de trait blanc, nulle part d’ailleurs. Je roule ; doucement mais sûrement j’avance. Je ne sais pas l’heure qu’il est. De temps en temps j’entends le bruit d’un ruisseau qui coule le long de la route. ‘Sornac’, avec quelques lanternes, se présente devant moi. Je traverse le bourg et je me retrouve de nouveau dans le trou noir. Par moments j’entends des chiens aboyer, sans les voir heureusement. Je passe ‘Millevaches’. Je continue à pédaler, régulièrement ; pas de bosses importantes ; tout va bien. Les lumières de St.Merd-les-Oussines approchent ; je traverse le bourg et de nouveau : la nuit noire. Les yeux se fatiguent et pourtant je continue. Régulièrement j’entends de l’eau qui coule. C’est la rivière la Vézère ; je ne distingue absolument rien. Au bout de ce chemin c’est ‘Bugeat’, un gros bourg déjà, situé sur une grande route. Après, ce n’est pas la route la plus courte à Chamberet que je vais prendre mais la plus sûre en passant par Treignac. La route est large, bien goudronnée et avec des traits blancs d’après ce que je me souviens d’une promenade précédente. (voir la randonnée en Limousin du 22 avril de cette année). Tout à coup je distingue les premières lumières entre les arbres. C’est Bugeat. La nuit, les lanternes restent allumées. La rue principale est longue. Il y a un disco devant moi vu la présence des gens dehors. Il faut faire attention. Un accident est vite arrivé. J’approche, tout en surveillant les ombres. Ils ne s’aperçoivent même pas que quelqu’un passe à côté d’eux. Peu après, je suis de nouveau dans le noir. La route est plus large mais la fatigue est là aussi. Je pédale. La bifurcation avec la route pour Treignac est plus loin que je pense. Je pédale. Des panneaux au loin ; Eymoutiers tout droit et Treignac à gauche. Je tourne. D’ici à Treignac, il n’y a que 15 km et ensuite encore 10 km pour Chamberet. Je pédale. Quelques kilomètres plus loin je vois un panneau pour Chamberet sur la droite. C’est un raccourci important mais ce doit être un petit chemin sinueux et par conséquent très fatigant. Je ne le prends donc pas. La fatigue s’accentue ; je ne roule plus si droit. J’arrête même un instant ; fais quelques mouvements avant de remonter sur le vélo. La tête veut bien mais le corps commence à ne plus vouloir suivre. A 1 km de Treignac je téléphone à ma femme pour lui expliquer la situation ; conclusion : venir me chercher au rond-point de Treignac. Ayant placé le vélo au rond-point sous les lanternes, je n’attends pas très longtemps avant d’entendre le ronflement de notre voiture ; elle arrive. Ma femme s’occupe de tout. Moi, je monte lentement, comme une personne ivre, dans la voiture et m’assois ; je suis raide. Ma femme me conduit au chalet où je peux me reposer. J’ai roulé aujourd’hui 279 kilomètres. Il est 3.00 heures du dimanche matin.

 

Dimanche, le 30 août
Repos. Aujourd’hui, je profite de la journée dominicale pour me reposer et découvrir un peu le chalet et les environs de celui-ci.

 

Chamberet est d’abord une commune corrézienne attrayante par tous ses aspects autant culturels que sportifs. Ensuite la commune avec ses 7000 hectares est classée parmi l’une des plus grandes communes en superficie, du département. Considérant ma promenade des sources, déjà une centaine des sources se trouvent autour de moi. Chamberet possédait de nombreuses sources miraculeuses. Leur symbolisation religieuse fut sans doute tardive, mais des croix, voire des chapelles furent élevées à proximité et des processions en perpétuèrent les vertus. Au mont Cé, les sources y étaient en nombre : La source aux mendiants : lors de la procession, les pauvres se mettaient le long de la route pour recevoir des oboles. Ensuite à leur tour, il lançait une pièce en passant devant la source pour remercier Saint Nicolas. La source des animaux(pêcherie circulaire qu’un chemin traverse en son milieu) les animaux s’y désaltéraient ce qui devait éloigner les maladies et favoriser leur reproduction. Le source des amoureux : on buvait son eau pour se marier dans l’année ou pour avoir beaucoup d’enfants. La source de Dieu était la plus connue des pèlerins et la moins connue des chambertois. La source était bonne pour les enfants qui devaient y être trempés par leur mère ou par leur grand-mère pour marcher tôt, pour parler de bonne heure et avoir une bonne élocution. La source de Ceux était bonne pour l’estomac et le foie. Est-ce que j’aurai le temps de découvrir tout cela ?

 

En dehors des sources j’ai l’intention de visiter la maison de l’arbre, toutes les facettes concernant la nature en général comme l’identification des chants des oiseaux, une pièce avec ouie, odorat, toucher et vue seront mis en éveil, il y a une ruche et une fourmilière, un aquarium avec poissons de rivières et d’étangs du Limousin etc. Pour les sportifs, ‘La Petite Montagne Limousine’ offre plus de 350 km de sentiers balisés, j’en compte 18, dont un très difficile, où je ne peux pas m’aventurer avec mon vélo. En ce qui concerne l’hébergement, le chalet parmi une dizaine, est en état neuf et fait mon affaire. A un prix modique, je dispose d’un chalet luxueux avec deux salles de bain, chacune avec toilettes ce qui est une merveille pour deux couples. Ma femme et ma belle-mère en sont ravies. L’emplacement du chalet, sur une petite butte, à 1500 mètres du bourg, à côté de la piscine et de l’étang de pêche, me donne une belle vue libre sur la région et garantit le silence pour ce qui est de la circulation. L’éclairage du terrain par des lanternes est formidable ; le chemin pédestre à côté du chalet qui descend directement à la piscine et à l’étang reste même éclairé la nuit. Pour partir ou rentrer de nuit à vélo c’est l’idéal.

 

Mon vélo est garé à côté de la terrasse. Repos pour aujourd’hui, le temps que j’étudie le trajet pour demain.

 

Lundi, le 31 août
Je vais reprendre la route à La Courtine pour faire la source de la Vienne et la source de la Creuse. Avec mon sac à dos rempli de victuailles, je pars tôt le matin pour passer par Noux, le moulin de Bonnefond, alimenté par la rivière Soudaine et Viam, petit village sur le lac.

 

J’arrête parce que l’église attire en premier l’attention. Cette église n’avait d’autre patron que celui de l’abbaye mère St.Martin-de-Tours, qui a sa fontaine à cet endroit. C’est celui que l’on fête dans une modeste église flanquée d’une seule chapelle avec cloche dans son clocher-arcade. L’église actuelle date du 12ième siècle. A l’intérieur je fais une photo du vitrail avec St.Martin. Après je descends au bord du lac où je suis immédiatement touché par le silence qui règne sur le lac à cette heure matinale.

 

C’est la rivière Vézère qui alimente le lac au barrage EDF à Monceaux-la-Virolle. Les travaux de construction du barrage ont débuté en 1940 Quelques chiffres pour mémoire : Hauteur du barrage sur fondations : 32 m Superficie du lac : 171 ha Volume de la retenu (côte maximale) : 20 millions de m3 La mise en eau a été effectuée en 1946. Le plan d’eau est accessible dans sa quasi totalité au canotage, ski nautique, la voile, la planche à voile . . . et la baignade surveillée. Dans sa partie amont, la Vézère possède trois barrages : Barrage de Monceaux-la-Virolle, le Barrage de Treignac, situés entre 500 et 650 mètres d’altitude, et le Barrage du Saillant, un peu plus bas.

 

Après les photos de Viam je continue ma route à Bugeat où je tourne sur la D.164 le long de la Vézère. Cette rivière coule bruyamment à côté de la route. Le passage sur ce pont sur la Vézère n’est pas conseillé. J’ai dû retourner sur mes pas, faute de chemin. Les planches du pont ainsi que les deux barres de fer qui soutiennent l’ensemble ne sont plus dans un très bon état. Arrivé dans le bourg de St.Merd-les-Oussines, je tourne à droite pour visiter ‘Les Cars’, des ruines gallo-romaines. L’ensemble funéraire des Cars se composent de deux monuments. Les deux édifices étaient construits selon les mêmes techniques : les blocs de grand appareil, parfaitement taillé et ajustés, étaient assemblés à joints vifs et maintenus entre eux par des crampons métalliques scellés au plomb. Des dalles de granite avec feuillure constituaient la couverture des monuments. Au centre du monument nord, un coffre destiné à abriter les restes d’une incinération, inséré dans le dallage, précise la caractère funéraire. La même fonction peut être attribuée au monument sud mieux conservé. La crémation était d’ailleurs le principal mode de sépulture de l’époque. Cet ensemble correspond à des édifices privés à caractère funéraire. La date de leur construction ne doit pas être antérieur à 150 et devrait même se situer vers la fin du second voire au début du troisième siècle.

 

A 200 mètres d’ici se trouve une villa gallo-romaine. Cette partie du site est caractérisée par une grande cuve monolithe (taillée dans un seul bloc de pierre) en granit, connue sous le nom de Bac des Cars (dimensions : 2,75m sur 2m pour une hauteur de 1,75m). C’est le réservoir d’eau qui grâce à des canalisations en plomb alimentait une piscine et une vasque avec jet d’eau située dans la salle. Les foyers sur hypocauste (système de chauffage par le sol) chauffaient à la fois la piscine et les pièces. Ce bâtiment comprend au moins deux parties. La plus ancienne, située à l’ouest, près du bac, aux murs construits en petits moellons parallélépipédiques, s’avançait vers le ruisseau comme le suggèrent des fondations de murs et quelques dalles de caniveaux retrouvées vers le sud. Elle devait avoir un plan rectangulaire, proche du carré. L’étude du mobilier recueilli permet de situer la construction de cette partie dans le second quart du 2ième siècle. La seconde partie peut dater de la fin du 2ième ou du début du 3ième siècle. Elle correspond à une profonde transformation du bâtiment accompagnée d’un agrandissement. Les murs de cette époque sont bâtis en moellons irréguliers, parfois agencés en opus spicatum (placés en arête de poisson). L’ensemble du bâtiment s’organise alors autour d’une cour bordée par une galerie couverte qui dessert les diverses salles. Une chaussée d’étang ruinée subsiste à 300 mètres en aval. La retenue d’eau effleurait la salle située à l’est. Le désaxement de cette salle par rapport au reste du bâtiment permettait d’avoir une vue sur le plan d’eau. Les fouilles attestent que le bâtiment n’a pas été abandonné à la suite d’une destruction violente ; sa désertation peut être liée aux mutations économiques provoquées par les invasions germaniques qui ravagent la Gaule vers 275-276. Le caractère privé et monumental des monuments funéraires, la qualité des aménagements de l’habitat, associés à la découverte d’objets en rapport avec un usage rural permettent de voir ici la résidence d’un propriétaire terrien aisé. Après cette visite, je retourne dans le village St.Merd-les-Oussines pour reprendre la D.164 vers le bourg Millevaches. Bientôt je découvre le petit panneau : sources de la Vienne. Un chemin caillouteux doit me mener à la source et d’après un autre panneau, à seulement 20 mètres d’ici. J’emprunte le chemin tout en roulant prudemment sur les cailloux. Après une bonne cinquantaine de mètres, je ne vois toujours pas la source. Je commence à penser que dans le Limousin ils ne savent pas calculer correctement et voilà que je vois un autre petit panneau avec indication ‘tout droit’. Je continue alors sur ce mauvais chemin pendant au moins 1km.500 avant d’arriver dans un endroit impraticable à vélo. Je laisse le vélo sur place et continue à pied sur un terrain inhospitalier. Il y a déjà quelque temps que je n’ai pas vu âme qui vive, donc pour le vélo, je ne courre pas de risque. Je vais découvrir la terre du Limousin . . . comme une éponge. C’est ici où les sources de la Vienne se trouvent. Quand je vois disparaître mes chaussures dans les tourbières, je recule en vitesse. Je ne m’attendais pas à cela. Je cherche une sorte d’écoulement. . . en vain ; à chaque fois mes chaussures descendent dans ces herbes. Je suis convaincu, les sources de la Vienne sont donc ici. Je recule et je sors de cette tourbière ; je remonte d’où je venais ; il ne faut pas se perdre par ici non plus.

 

La Vienne est une rivière, d’une longueur de 372 km et l’un des principaux affluents de la Loire, avec l’Allier et le Cher. La Vienne naît donc en Corrèze sous le Puy Lacaux, par deux sources situées respectivement à 860 m et 885 m d’altitude, tout près du signal d’Audouze (956m), non loin du village de Millevaches et se jette dans la Loire à Candes-St.Martin. La Vienne possède de très nombreux affluents et sous-affluents. Les principaux sont le Taurion, la Creuse avec son affluent la Gartempe, et le Clain. Arrivé à mon vélo, je me désaltère et retourne à nouveau sur ce mauvais chemin. Quand j’arrive au panneau indiquant les 20 m., je regarde un peu mieux ; il n’y a pas marqué 20 mètres, mais 20 minutes . . . Heureusement que les pneus ont résisté au mauvais traitement du chemin. Je continue ma route ensuite vers La Courtine, en trouvant une belle fontaine 15ième siècle sur ma route.

 

Avant Le bourg de Sornac, je traverse la rivière La Diège, suivie, peu après par Le Liège. Il y a de l’eau par ici !! Arrivé dans le centre ville de La Courtine je cherche d’abord à faire pointer ma carte de route dans une boulangerie, ensuite je regarde les bâtiments du village et constate que la gloire économique des cafés remonte à l’époque de la présence des militaires. Je fais une photo de l’entrée principale de la caserne.

 

La création du camp est en 1901. Entre 1914-1917 c’était la base arrière des armées. Il est un grand centre d’instruction et de préparation pour le front. En 1917, désengagées pour cause d’instabilité politique, deux brigades russes séjournent à La Courtine et se révoltent contre leurs officiers qu’ils renvoient. Pendant quatre mois, ils vont autogérer le camp jusqu’à ce que celui-ci soit pris d’assaut, après 5 jours de combats, et que les brigades soient dissoutes. 1919-1939 : les régiments des 9ième, 12ième et 13ième d’armée manoeuvrent sur le camp, se préparant au second conflit mondial qui s’annonce ; 1940-1942 : aux ordres du général de Lattre de Tassigny, l’armée d’armistice vient régulièrement pour conserver les savoir-faire techniques et tactiques ; 1942-1944 : l’armée allemande s’installe ; 1945 : l’armée Anders (polonais) séjourne au camp quelques mois avant de rentrer au pays, pris ensuite en charge par l’armée britannique. Ils y auront été précédés par 6000 soldats russes ex-prisonniers des allemands et libérés par les armées alliées, ravitaillés par une mission militaire américaine. Une épidémie de typhus se déclare dans le camp semant une vive panique au sein de l’armée américaine en Europe qui n’était pas vaccinée contre cette maladie. L’action rapide du médecin chef de l ‘hôpital du camp, le Docteur André Delevoy, sauvera la situation et lui vaudra la Médaille d’Honneur des épidémies et la reconnaissance du Rockfeller Center de New York. En juin 2007 il sera décidé que le nouveau Centre Médical de Garnison portera son nom. 1959-1964 : la période hollandaise débute. Chaque année, durant six mois, le camp est occupé en totalité par les unités de ce pays ; 1980 : les grands travaux de réhabilitation du camp débutent pour donner au camp la physionomie qu’il a aujourd’hui. 1984 : le 35ième groupement de camp reçoit la garde du drapeau du 20ième R.I ; 2000 : le 35ième G.I prend le nom de groupement de camp de La Courtine ; 2001 : centenaire du camp. Premier Camp national pour sa capacité d’hébergement (4000 hommes), et 5ième pour sa superficie (6300ha) le camp est conçu pour le séjour de grandes Unités d’Infanterie totalement autonomes. Le Courtine reçoit des unités de toute la France, mais aussi des écoles, des unités de gendarmerie, et même quelques unités étrangères (Anglais, Belges, Néerlandais).

 

Par le portable, j’apprends que ma femme et ma belle-mère se trouvent au Col de Massoubre sur la commune du Mas d’Artiges, à 6 kilomètres de La Courtine et elles sont en train de pique niquer. Je quitte La Courtine et arrive encore à temps pour bien me restaurer. Nous décidons ensemble de rendre visite à la source de la Creuse. Sans problèmes nous la trouvons sur la D.8.

 

Le terrain ressemble en tout à celui de la source de la Vienne ; je suis averti. Je marche sur ce terrain spongieux et saute parfois d’une motte de terre à une autre. J’avance par petits sauts jusqu’à l’eau. La source de la Creuse est là ; je l’ai senti. Je remonte. La Creuse, d’une longueur de 255 km, prend sa source à 816 m d’altitude sur le plateau de Millevaches, dans le département auquel elle a donné son nom (la Creuse). La source se trouve au bord de la D.8 au lieu-dit Chirat (commune du Mas-d’Artige) Elle se jette dans la Vienne au Bec-des-Deux-Eaux (communes de Port-de-Piles, Ports et Nouâtre)

 

Les hêtres le long de la route sont serrés et très hauts. C’est ici que je quitte les femmes pour retrouver et continuer la descente de la Vienne. Le village de Millevaches se distingue par au moins deux caractéristiques. La première est qu’il constitue le chef-lieu de commune le plus élevé de tout le Limousin.

 

La seconde est qu’il se situe sur la ligne de partage des eaux entre les affluents de la Loire et ceux de la Dordogne. Au nord, c’est la Vienne qui prend sa source à environ 4 km du bourg, au sud, la Vézère, la Luzège et la Triouzoune sont tout juste distantes de 3 à 5 km. Je vais suivre maintenant la Vienne jusqu’à l’embouchure à Candes-St.Martin.

 

Les cours d’eau sont innombrables ; la Vienne grossit vite. Après Peyrelevade je décide de faire un petit détour en passant par la retenue de la Chandouille. Au lac de Chammet, 100 ha., règne la tranquillité, une région idéale pour les amoureux de la nature.

 

Je suis la Vienne de près et arrive à Tarnac. Je suis à 24 km d’Eymoutiers. A côté du panneau du bourg sont affichées toutes les promenades pédestres à partir de l’église. Derrière cette église se trouve la Fontaine St.Georges, qui servait également de lavoir, et d’abreuvoir.

 

L’église de Tarnac est d’’ailleurs l’une des plus anciennes du plateau de Millevaches et remonte au 12ième siècle. A vélo je continue ma route à Rempnat où je fais une photo de l’église et son intérieur. On remarque surtout dans cette église la première travée de la nef : dans le pavé, une belle pierre tombale sur laquelle est sculptée une croix fleurdelisée avec un calice surmonté d’une hostie : c’est la sépulture d’un prêtre. La clef de voûte présente un motif décoratif bizarre : c’est un tau.

 

 

 

Tout en continuant de suivre la Vienne j’arrive à Eymoutiers, où je pointe ma carte de route dans le Moulin de l’Enfant, restaurant, bar, brasserie sur la Vienne, un bon endroit avec une belle vue sur la Vienne. Etant donné que la journée commence à se terminer, je prends d’ici la route la plus courte pour rentrer à Chamberet. Je quitte la ville par la D.30, sur une montée que je trouve bien longue, plus longue que je ne l’imaginais. En haut la côte, je bois un bon coup pour accélérer ensuite et faire les derniers 23 kilomètres en un seul trait. Aujourd’hui j’ai roulé 176 km.

 

Mardi, le 1er septembre
Aujourd’hui, c’est une journée de pluie. J’en profite pour visiter la ville de Treignac. Le matin, c’est le parcours à pied avec ma femme et ma belle-mère et l’après-midi, je reviens à Treignac avec ma femme pour faire quelques photos de la ville et acheter des produits du terroir. Situé à une hauteur entre 400 et 500 mètres d’altitude, au pied des Monédières, dans les gorges de la Vézère, Treignac est un bon lieu de départ d’excursions. Le site est limité à l’ouest par le rocher des Folles et à l’est par le saut de la Virolle. D’influence atlantique, il donne naissance à une végétation naturelle très verdoyante.

 

La photo en est la preuve, alors qu’en Touraine nous subissons une période de sécheresse.

 

La chapelle Notre-Dame-de-la-Paix est construite en 1626 sous les auspices du seigneur du lieu Philibert de Pompadour, l’argent ayant été donné par l’avocat Jean Dumas. Elle était dédiée à Notre Dame de la Paix. Elle devint mairie en 1808 jusqu’en 1987 et de nos jours sert de salle de réunion du conseil municipal et de salle d’exposition. Elle possède un clocher tors, c’est une forme de clocher assez rare (il n’en existe q’une centaine dans toute l’Europe). Le clocher d’une église se compose le plus souvent d’une tour carrée en pierre sur laquelle repose une pyramide coiffée d’une flèche. Un clocher tors ou clocher flammé est un clocher où la flèche est en spirale, souvent couverte d’ardoises. Celui de Treignac est un des plus complexes de tous les clochers tors de France, il a été construit volontairement comme ceci.

 

La Porte Chabirande est construite au 13ième siècle à la naissance de la ville murée. Celle-ci franchie, à gauche se trouve la maison des gardes assurant la surveillance de cette porte. Elle fait communiquer le bourg avec la quartier des Bans. C’est la seule porte médiévale qui subsiste encore aujourd’hui, les deux autres portes : la porte de la Pradelle et la porte Soulanche ont été détruites. Le barrage de Treignac, édifié entre 1949 et 1951, est situé à 1 km nord-est de la ville. Il retient les eaux de la Vézère formant un lac d’environ 1 km². C’est un barrage voûte, construit en béton, à vocation hydroélectrique. Je laisse la Vézère tranquille pour aujourd’hui. Demain je compte reprendre la suite de la Vienne à Eymoutiers.

 

Mercredi, le 2 septembre
Le matin tôt je repars à Eymoutiers par la D.30. Je connais le chemin et couché sur mon guidon, j’avance rapidement avec ce goudron lisse qui me fait arriver de bonne heure sur place.

 

 

Je descends à la Vienne où je fais une photo avant de remonter de l’autre côté de la rivière pour prendre la D.14 en direction de Bujaleuf sur la Maulde, un affluent de la Vienne.

 

A peine quelques kilomètres plus loin je m’arrête pour faire une photo automnale. Quand j’arrive à Bujaleuf je constate que les vacanciers sont déjà partis vu la désolation dans le bourg. Je me dirige vers le lac Sainte Hélène, grand de 70 ha ; je gare mon vélo sur la terrasse d’un café-restaurant sur l’eau, pour prendre ensuite un grand café au lait. La terrasse est vide. La pluie de la veille a chassé le monde. Avant de m’asseoir, je secoue la chaise humide pour ensuite profiter d’une vue reposante sur l’eau.

 

Pendant la saison il y a des activités nautiques et le site est privilégié pour la pêche à la carpe de nuit. Je sors la carte régionale de mon sac pour étudier les barrages successifs sur la Maulde. La Maulde est une petite rivière des départements Creuse et Haute-Vienne. Elle prend sa source dans la commune de Gentioux-Pigerolles et se jette, après un trajet est-ouest de 70 km environ, dans la Vienne, juste en amont de la commune de St.Léonard-de-Noblat et peu après avoir alimenté le barrage de l’Artige. Elle alimente la plus grande retenue d’eau artificielle du Limousin, le Lac de Vassivière et la Cascade des Jarrauds qui permis en 1889 d’électrifier la ville de Bourganeuf. Les barrages alimentés par ici sont : Martineix, Fleix, Bujaleuf et Langleret. ,br />

 

Je visite les barrages et constate que tous, sont construits sur le même modèle et de la même époque.

 

Après le moulin sur la Maulde, le barrage de l’Artige et l’embouchure avec la Vienne. Je continue à suivre celle-ci à St.Léonard-de-Noblat. Je traverse le centre ville et malgré les travaux public dans les ruelles autour de la Collégiale, j’en fais une photo.

 

A Saint-Priest-Taurion, je traverse le pont sur le Taurion qui se jette ici dans la Vienne. Le Taurion prend sa source à environ 785 mètres d’altitude sur le plateau de Millevaches, sur le flanc du Puy de Groscher, à 2km500 à l’est de Gentioux (commune de Gentioux-Pigerolles), dans le département de la Creuse. Il passe sous le pont roman de Sénoueix, alimente le Lac de Lavaud-Gelade, avant de traverser la Rigole du diable. Son cours est long de 125 kilomètres. Le Taurion se jette dans la Vienne en rive droite, à Saint-Priest-Taurion, à 232 mètres d’altitude, après avoir été plusieurs fois utilisé comme la Maulde, dans des barrages hydro-électriques. Le Thaurion devient Taurion à son passage du département de la Creuse vers le département de la Haute-Vienne.

 

J’approche la grande ville Limoges ; la circulation devient plus dense ; les activités sur la Vienne également comme ici à Le-Palais-sur-Vienne. La Vienne traverse Limoges et moi, à vélo en fait autant. Je remarque trop tard que la route est uniquement pour les voitures

 

La première possibilité et je quitte l’autoroute, en tournant à droite vers le centre ville. Sur le pont près de la gare, je fais encore une photo de la gare avant de quitter Limoges sur l’autre rive de la Vienne pour me diriger à Condat-sur-Vienne.

 

J’ai quitté les bruits de la ville et retrouve la tranquillité. Au premier café, je me détends sur la terrasse avec un bon café au lait. Je longe ensuite la rivière du côté sud mais pas pour longtemps. La journée commence à toucher à sa fin et moi je ne veux pas rentrer tard à Chamberet. Je décide de passer par Solignac, dans la belle vallée de la Briance. La Briance est une petite rivière qui coule dans la Haute-Vienne. C’est un affluent de la Vienne en rive gauche, donc un sous-affluent de la Loire. La Briance, longue de 58 km., prend sa source à l’ouest du massif du Mont Gargan près de Chamberet, à plus de 600 m d’altitude, coule vers le nord-ouest et conflue avec son homologue La Petite Briance pour donner la véritable Briance. Elle coule dans des gorges, passe sous le viaduc de Pierre Buffière et conflue avec le Blanzou et le Breuilh. Elle rejoint le site du Château de Châlucet pour rejoindre son dernier affluent important, la Ligoure qui porte son débit à 8 m3/s au village de Vigen.

 

Je traverse ‘Pont Rompu’, chemin de Saint Jacques de Compostelle et Solignac. L’abbaye de Solignac a été fondée en 631 par saint Eloi, évèque de Noyon qui demande au roi Dagobert le village de Solemniacum (la terre de Solignac) pour y fonder un monastère «Mon roi et maître, que ta bonté veuille m’accorder pour que je puisse y construire une échelle pour toi et pour moi, par laquelle nous mériterons de monter tous deux dans le royaume céleste.» Je n’arrive pas à faire une belle photo alors je file mon chemin. Un peu plus loin, se trouve l’église du Vigen, je m’arrête.

 

Ici par contre j’arrive à prendre une photo de cette église primitive qui était un oratoire. C’est Godebert, abbé de Solignac qui avait permis à saint Théau de bâtir une cellule en l’honneur de saint Eloi en 698. Cette cellule semble avoir été placée près d’un lieu de marché ou de passage important. Il n’a pas été confirmé que l’emplacement actuel de l’église superpose celui de l’oratoire. Le retour se fait par St.Hilaire-Bonneval, Linards, La Croisille-sur-Briance, Surdoux à Chamberet en une seule traite. J’ai roulé aujourd’hui 171 km.

 

Jeudi, le 3 septembre
Au lever du jour, le temps n’est pas favorable. Il pleut. L’alternative est une visite au musée de l’Arbre à Chamberet. Avec ses deux étages enroulés autour d’un châtaignier reconstitué, la maison de l’arbre, abritée dans une grange du 19ième siècle, propose diverses animations, vidéos et expositions sur la vie de la forêt et de ses habitants. Elle permet au visiteur de se sensibiliser à la faune et la flore, dans les domaines de l’écologie, l’économie et la biologie. Il peut notamment y apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur les champignons, le lichen ou les tourbières. C’est une visite instructive et intéressante qui prend toute l’après-midi.

 

Vendredi, le 4 septembre
Le matin, la pluie n’en finit pas de tomber. Repos au chalet. Vers la fin de la matinée le temps s’améliore. Le vent sèche rapidement les routes. Après le déjeuner, je décide de faire un petit tour dans les Monédières. Je pars par Treignac et peu après je traverse la rivière l’Alembre au Pont nommé Jean Ségurel.

 

Cette petite rivière de 11 km de longueur seulement, prend sa source sur la commune de Veix dans le Massif des Monédières, à proximité du Col des Géants et rejoint la Vézère au nord de Treignac. D’ailleurs, le nom de Jean Ségurel, est bien connu sur tout le territoire et au-delà. Il est né en 1908 à Chaumeil, en Corrèze et mort au même endroit en 1978. Il était compositeur, chef d’orchestre et l’un des plus célèbres et populaires accordéonistes. Il a été promu en 1968 chevalier de la Légion d’honneur par le général de Gaulle. Dix fois millionnaire du disque, auteur de plus de six cents chansons, dont la plus célèbre créée en 1936 : ‘Bruyères Corréziennes’, fut inspirée à Ségurel par son parolier Jean Leymarie, par la bruyère particulièrement belle et fleurie sur les flancs des Monédières. D’ailleurs, Jean Ségurel est connu également pour avoir créé en 1952 la célèbre course cycliste du «Bol d’or des Monédières». Le Bol d’or des Monédières était un critérium cycliste, ayant lieu après le Tour de France, qui se déroulait sur un circuit d’une vingtaine de kilomètres à parcourir 7 fois, autour du village de Chaumeil, dans le Massif des Monédières. Créé par l’accordéoniste du début des années 1950 Jean Ségurel, la course a très vite connu un vif engouement de la part du public massé au bord de la route. Jean Robic, Fausto Coppi, Raphaël Géminiani, Bernard Hinault, Laurent Jalabert, Jacky Durand, Stéphane Heulot, Christophe Moreau, etc. se sont imposés dans cette épreuve mêlant airs d’accordéon et vélo. Le col des Géants constitue la principale difficulté du tracé.

 

J’ai pris la direction de Lestards. Je rencontre la Croix de la Gane, une du circuit des huit croix en granit près du bourg de Lestards. Une autre de ces croix, celle du Jars donne par temps clair une belle vue sur les Monts d’Auvergne et le Cantal. Je me dirige à l’église de Lestards qui dépendait des hospitaliers de Saint-Antoine. Leur symbole, le tau, est visible à la croisée d’ogives, sur la croix Blanche et sur celle de Combelongue.

 

L’historique de l’église Saint-Antoine et Saint-Martial du 13ième siècle ; reconstruit aux 14ième et 15ième siècles ; date : 1452, clocher partiellement refait en ardoise et remplacé par chaume, la seule en France. Les moines Antonins de Lestards ont laissé le symbole de leur ordre en trois endroits de la commune : dans l’église où à la croisée d’ogives du chœur figure le Tau accompagné de trois croissants de lune. La Croix Blanche, près du village de la Clossagne, représente un Tau avec tête et corps humains sculptés. La croix de Combelongue, isolée dans une sapinière est à l’identique. Par la D.32 je pédale facilement par le Col des Géants au Suc-au-May, point culminant des Monédières à 908 mètres. Le nom provient de Lo suc als mais, le sommet qui porte les mâts. La table d’orientation fut inaugurée par Henry Jouvenel, sénateur de la Corrèze en 1935 et qui permet d’apercevoir des reliefs les plus lointains : Puy de Sancy et Monts d’Auvergne. Le vélo m’a mené jusqu’au point culminant. Cela vaut une photo.

 

Le paysage est joli ; le temps est clair et il n’y a personne. Il est bien dommage que les belles couleurs des différentes espèces de bruyères ne se font pas reproduire si bien sur la photo.

Je redescends tranquillement par le même chemin. Les landes des Monédières, remarquable échantillon d’un habitat naturel hérité de pratiques agricoles ancestrales sont référées au site Natura 2000. L’Origine de Natura 2000… Au cours de l’année 1992, s’est tenu le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, rassemblant les Nations Unies pour une conférence sur le développement durable, celui-ci associant les activités humaines, la vie sociale et l’environnement. Les Etats membres signèrent conjointement la «Convention pour la conservation de la biodiversité». Natura 2000 est la réponse de tous les pays d’Europe à la dégradation continuelle des milieux naturels et à la menace de disparition de bon nombre d’espèces sauvages. C’est pourquoi, le Conseil de l’Union Européenne a adopté la directive Habitats le 21 mai 1992. Son but premier est de définir un réseau de sites pour permettre d’assurer le maintien de la diversité biologique et la pérennité des milieux sur l’ensemble des pays européens, tout en tenant compte des exigences économiques, sociales, culturelles et locales. Les Monédières et leurs abords sont concernés par 4 des 14 sites Natura 2000 que compte le Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin : les landes des Monédières, ici même, les tourbières et fonds tourbeux de Bonnefond et Péret-Bel-Air, dans le secteur le plus arrosé du Limousin l’une des plus fortes densités de ces milieux en France. La forêt de la Cubesse, où dominent les vieilles forêts de feuillus et où vit un coléoptère menacé : ‘le Pique Prune’. Les gorges de la Vézère autour de Treignac, vallée profonde, cours d’eau rapide, un paradis pour la loutre et pour de nombreuses espèces de chauves-souris.

 

De retour à la D.16, près de Lestards, je la traverse ainsi que la rivière Pradines, pour aller à Pradines village. La rivière n’est que 19 km de long et prend sa source sur la commune de Bonnefond. Elle arrose Gourdon-Murat, Grandsaigne et Pradines, le village, avant de rejoindre la Corrèze entre Chaumeil et Saint-Yrieux-le-Déjalat. La rivière La Corrèze passe également par Pradines. Je vais chercher sa source maintenant. Je quitte Pradines en faisant encore une photo de son église et je prends la route pour Bonnefond.

 

Je traverse la tourbière et la lande de Senéjoux et par Larfeuil je suis arrêté par deux hommes âgés occupés à couper un arbre gênant sur le bord du chemin. Originaire du club cyclo de Drancy, l’un deux me lance quelques mots qui font qu’une conversation s’engage sur le cyclisme, une discussion qui va durer quelque temps. On se détend bien dans le Limousin. Etant donné qu’il a le même âge que ‘Poupou’, vous imaginez l’époque de notre conversation cyclo. Il m’avoue qu’à présent, son corps ne voulant plus aller si vite qu’il le voudrait, il a arrêté de faire du vélo. Je reprends finalement ma route pour Bonnefond et cherche la source de La Corrèze. Partant de La Fonfreyde je la découvre dans un bois à 1km500 de la route. De peur de crever un pneu, je porte le vélo en traversant le bois et le pose prudemment à côté de la source.

 

La Corrèze, abondante et longue de 95 km, est un affluent rive gauche de la Vézère. Elle prend sa source sur le plateau de Millevaches, sur la commune de Bonnefond et elle doit son nom au département de la Corrèze qu’elle traverse. Elle se jette dans la Vézère à quelques kilomètres à l’ouest de Brive-la-Gaillarde. Je retourne à pied, le vélo toujours à la main, pour retrouver la route normale. Ensuite je roule vers la D.979, la grande route qui relie Eymoutiers avec Meymac. Je pédale en direction de Meymac. La route est bien goudronnée et j’avance rapidement vers le village Celle. Je passe à côté pour me trouver bientôt dans la région de la Tourbière du Longéroux. C’est ici que j’arrête pour rencontrer la source de la Vézère et le début de trois promenades pédestres.

 

Une tourbière est un milieu naturel gorgé d’eau, ressemblant à un marais, recouvert d’une végétation abondante unique et très originale. Contrairement au marais, il n’y a pas de décomposition dans une tourbière. Toute la matière organique produite (surtout les végétaux morts) est conservée, se tasse, s’accumule . . . et forme la tourbe. Les tourbières sont un des derniers lieux sauvages de la planète. La tourbe est une ‘roche végétale’ tendre composée de : 10 – 20 % de matière organique végétale et 80 – 90 % d’eau, issue d’une tourbière. Sec, un bloc de tourbe brûle comme du charbon car il contient jusqu’à 50 % de carbone. La tourbe blonde (couleur tabac) se trouve dans les tourbières de montagne (couches superficielles). On y reconnaît bien les restes végétaux ; elle est fibreuse. La tourbe brune est plus pâteuse, mieux décomposée. On la trouve dans les tourbières de plaine mais aussi dans les couches profondes des tourbières de montagne. C’était un combustible recherché. La tourbe n’est pas un engrais ! Les horticulteurs utilisent la tourbe pour ses propriétés de rétention d’eau et comme support de culture. On en fait aussi des godets pour les fleurs et légumes. Elle ne contient pas de sels minéraux et ne peut donc pas nourrir la plante. De plus, elle est acide, ce que tous les végétaux n’apprécient pas ! A la tourbe, il faut maintenant préférer les produits de substitution (composts organiques) dans un souci de protection des tourbières. La présence des sources de la Vézère apporte un intérêt supplémentaire à la tourbière du Longéroux. Formée de nombreux ruisselets qui drainent les pentes du Mont Bessou, la Vézère, longue de 211 km, naît au pied, côté ouest du Puy Pendu (973m), à une altitude de 887 mètres au sud-est de la tourbière, rejointe par les ruisseaux du Longeyroux et de la Bessade. L’eau, omniprésente dans la tourbière, n’apparaît pas comme un élément de lecture du paysage ; en effet, les ruisseaux, très étroits, serpentent entre les touffes de molinies qui les dissimulent en vue lointaine. Le mot Vézère signifie ‘cours d’eau dans la vallée creuse’. Elle se jette dans la Dordogne à Limeuil, à une altitude de 50 mètres. Son principal affluent est la Corrèze. Vu l’heure tardive de l’après-midi, le paysage se dore dans les couleurs douces du soleil. Je profite quelque temps de cette vue splendide. Comme au Suc-au-May, je suis seul.

 

La troisième promenade affichée, à droite sur la photo, m’intéresse particulièrement. Elle fait passer le promeneur le long de tous ces différents paysages. Il me faudra seulement les chaussures de promenade et avoir envie de faire les 19 km à pied.

 

D’ici je vais prendre le chemin du retour en passant par Lissac, Pérols-sur-Vézère, Bugeat, Viam, Noux et Chamberet où j’arrive à temps pour prendre l’apéro. J’ai roulé aujourd’hui 108 km.

 

Samedi, le 5 septembre
Aujourd’hui c’est le retour vers la Touraine après avoir séjourné une semaine dans le Limousin, pays de verdure et très plaisant pour le cycliste qui aime rouler dans la nature et la tranquillité. Je quitte le matin tôt le chalet et me mets en marche en direction du nord, Limoges. Il fait frais et le jour n’est pas levé ; les lumières du vélo marchent et je suis moi-même bien habillé. Les femmes vont rentrer en voiture et s’affairent à remettre le chalet en ordre. Je prends directement la route pour Limoges ; la D.16, la D.12, Surdoux, La Croisille-sur-Briance, Linards, St.Hilaire-Bonneval et arrête un instant aux ruines de Châlucet. Je fais une photo du château, de ce qui en fait était jadis une forteresse médiévale, au but prioritairement défensif.

 

Situé en haut d’un éperon escarpé et boisé et représentant le centre du ‘haut Châlucet’, et de la Tour Jeannette, donjon carré du 12ième siècle, constituant avec les ruines des corps de logis qui l’environnaient le ‘bas Châlucet’. L’ascension de la tour Jeannette n’est possible que lorsqu’une personne du site est sur place. Je reprends la route à Solignac, à la rivière la Vienne. Je vais suivre le chemin du Haut-Limousin, une petite route, côté sud de la Vienne. Sur la D.32 je roule tranquillement, traversant ici et là un petit village paisible.

 

A Saint Victurnien, ils ont créé sur la Vienne, un passage parallèle à la rivière pour apprendre à faire du kayak, contournant ainsi une petite chute d’eau.

 

A Saint Yrieix-s/s-Aixe, je fais une photo de la Chapelle Notre-Dame-du-Pont. Mais je reste à pédaler côté sud de la Vienne. A Chabanais la route va changer ; depuis ce matin, la Vienne coule vers l’ouest. A partir d’ici la Vienne bifurque brutalement vers le nord et moi aussi.

 

Je cherche une boulangerie pour pointer ma carte de route. Je trouve celle de Stéphanie et Cédric Lassau, face à un café-restaurant, où je prends un grand café crème et en profite pour faire une photo de la boulangerie se trouvant, sur la photo, entre la selle du vélo et la verdure de l’arbre vert clair. Entre la boulangerie et le café-restaurant, une ligne SNCF les séparent. Pendant que je bois mon café, un TER passe et coupe Chabanais un instant en deux. Le boulanger produit une large gamme de spécialités. Après une courte hésitation, je choisis un pain au chorizo. Dehors je fais une belle photo du magasin. La Vienne partage Chabanais, le milieu du pont représentant le centre du village. Chabanais est situé sur la première ‘butte’ du Massif central, dans l’emprise du cratère de la météorite de Rochechouart, c’est un ensemble de marques laissées par l’impact d’un astéroïde tombé il y a environ 214 millions d’années. Un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre percute la terre à une vitesse d’environ 20 km par seconde, au lieu-dit de La Judie, dans la commune de Pressignac en Charente. Il laisse un cratère d’au moins 21 km de diamètre, et ravage tout à plus de 100 km à la ronde. Des éjectas retombent à plus de 450 km de là. L’impact modifie également les roches du sous-sol sur plus de 5 kilomètres de profondeur. L’érosion a complètement effacé toute trace dans le relief et seul le léger détour de la Vienne vers le sud dans la commune de Chassenon pourrait lui être attribué. Par contre, le sous-sol conserve de nombreuses roches fracturées, fondues, remuées, que l’on appelle des brèches. Ces roches particulières ont été utilisées pour la construction des monuments gallo-romains, comme les thermes de Chassenon, ainsi que des habitations et monuments dans toute la région. Après avoir suggéré le 8 mai 1967 à l’Académie des sciences de Paris la possibilité d’un impact météoritique à Rochechouart, c’est en 1969, que François Kraut géologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) fait officiellement et formellement état de l’existence du cratère d’impact dans la revue de la société ‘Geologica Bavarica’ en Allemagne. Cette publication mettait fin au mystère qui entourait l’origine de ces roches et durait depuis leur première description à la fin du 18ième siècle. L’astroblème de Rochechouart est la première structure d’impact terrestre à avoir été découverte uniquement par l’observation des effets du choc sur les roches alors qu’aucune structure topographique circulaire n’est identifiable. Chabanais est né du regroupement de pêcheurs, au bord de la rivière, d’où probablement l’origine de son nom. Les premières habitations étaient des ‘cabanes’ de bois montées sur pilotis. Sans doute, les pêcheurs vivaient-ils sur les hauteurs environnantes et n’utilisaient-ils ces cabanes que pour leur activité de pêche. Chabanais se serait donc édifié sur la berge nord de la rivière, plus élevée que la berge sud inondable, les deux rives se franchissant aisément à gué du fait du lit rocheux de la Vienne dans son cours limousin. En traversant le pont, je quitte Chabanais pour Confolens.

 

A St.Germain-de-Confolens, je m’arrête le long de la Vienne sur l’aire de pique nique. Lors de sorties précédentes, c’est un point d’eau pour moi avec possibilité de toilettes et de dormir tranquillement sur un des bancs présents. La commune est baignée par la Vienne et son affluent, l’Issoire, qui se réunissent à la sortie du bourg. Maintenant je fais aussi une photo des ruines du château sur la colline escarpée dominant le confluent des deux rivières et qui supporte l’église et les ruines. Le hameau de Sainte-Radegonde, situé sur la rive gauche de la Vienne dans la commune de Lessac, est en réalité un faubourg de Saint-Germain ; il est relié à Saint-Germain par un vieux pont du 14ième siècle. La prochaine halte est au camping ‘Le Parc’ à Availles-Limouzine. Sur son pont, j’hésite, quelle rive vais-je suivre ?

 

Je retourne et longe la rivière et la retenue de 90 ha jusqu’au barrage de Jousseau. Il y a une randonnée pédestre dissimulée entre les rives de ‘la Grande Blourde’, affluent de la Vienne ; le sentier bucolique de ‘La Petite Suisse’. Moi je remonte la côte à Millac et à l’Isle-Jourdain, je fais pointer ma carte de route dans la Maison de la Presse Isloise sur la Place d’Armes. Les habitués de Bordeaux-Paris connaissent bien ce lieu de pointage, surtout le bar-tabac-jeux à côté.

 

Ensuite en route pour Lussac-les-Châteaux. Dans le centre, sur la place, je me permets de manger quelques friandises avant de quitter Lussac par la D.749, une route bien goudronnée où je roule facilement les 30 km/heure.

 

A la Tour au Cognum je fais une photo des ruines de la Tour aux Cognons. C’est un donjon carré de 10 mètres de côté. Ses murs construits en petits moellons conservent leur élévation sur près de 12 mètres et présentent des chaînes d’angle à arête rentrante. La tour, composée de quatre niveaux, aurait été édifiée au 11ième siècle par la famille des seigneurs de Lussac-les-Châteaux, les Conienses, afin de surveiller le passage sur la Vienne. Elle marquait aussi les limites nord du comté de la Basse-Marche. Ce comté, entre Poitou et Limousin, avait été créé en 887 par le roi Eudes afin de renforcer son pouvoir face aux Normands et aux ducs d’Aquitaine. Au rez-de-chaussée, donnant sur la route de Chauvigny à Lussac, une porte en accolade du 16ième siècle a conservé son tympan décoré d’un écu à fleur de lys et d’une tête humaine.

 

La route D.749 passe ensuite le long de la Centrale Nucléaire. C’est la Vienne qui sert de refroidissement à la centrale. Je traverse Chauvigny. Malgré la vitesse élevée, la journée s’achève et la nuit approche. Je longe la Vienne sans visiter le centre médiéval de Chauvigny. Quand j’arrive à Bonneuil-Matours, je cherche tout de suite la boulangerie. Je la trouve même ouverte à cette heure tardive.

 

Christophe, le boulanger, travaille derrière dans le fournil tandis que sa femme vient dans le magasin pour me servir. Un peu surprise de voir, à cette heure-ci un cycliste demander le tampon, une discussion s’entame sur la randonnée dans le Limousin. La boulangère est intéressée d’en savoir davantage. Je raconte sur les rivières suivies, depuis le début de la randonnée et Christophe, en entendant la discussion animée, sort de son fournil et participe à la conversion. A la fin des bavardages je n’oublie pas de demander leur spécialité qui est le ‘Broyé du Poitou’. Le couple boulanger, très sympa, m’offre gracieusement une bonne part de ce gâteau pour goûter. En les remerciant de leur gentillesse, je quitte le modeste magasin des jeunes travailleurs pour faire une photo, après la disparition d’un petit groupe de jeunes gens. Inutile de vous dire que le ‘Broyé’ est d’excellente qualité et que je l’ai mangé avec appétit. Quand je repars à vélo, je remarque que le boulanger offre un grand pain à ce groupe de jeunes gens, apparemment affamés, et en route pour la fête du village. Ils doivent bien connaître la boulangerie. Le couple boulanger est vraiment sympa !! Je continue la D.749 pour Châtellerault : les lumières du vélo sont allumées et moi, je suis habillé en sécurité. Je n’arriverai plus à une heure convenable pour pointer à Candes/Montsoreau, l’embouchure de la Vienne, aussi je décide de rentrer chez moi. Après Châtellerault, je suis la D.1 à Dangé-St.Romain et la D.18 à Nouâtre. J’ai roulé aujourd’hui 277 km.

 

Dimanche, le 6 septembre
Le matin je mets la ‘touche’ finale à la randonnée en retournant au ‘Bec des Deux Eaux’. Il y a du brouillard mais le soleil va résoudre le manque de visibilité.

 

Il y a longtemps, le coin était animé par une usine électrique avec barrage, un camping, des sports nautiques et un hôtel et des cafés-restaurants. Aujourd’hui ce coin est à l’abandon. Les bâtiments sont à vendre.

 

A l’entrée de l’Ile Bouchard, je fais une photo de la Vienne entourée de verdure et ensuite je traverse le pont pour prendre la D.8 de l’autre côté de la rivière.

 

A Chinon, je constate que les travaux au château sont achevés. Alors je réussis à faire une photo du château de Chinon en toute gloire. Surplombant la Vienne, le château de Chinon fait partie des châteaux de la Loire, ayant accueilli les rois de France. Il est construit sur d’anciennes fortifications romaines et se compose de trois parties construites au fur et à mesure des nécessités historiques.

 

Sur le pont à Candes-St.Martin, je fais ma dernière photo de la Vienne. C’est ici qu’elle se jette dans la Loire pour prendre la direction de l’Atlantique.

 

Je pointe ma carte de route à la boulangerie de Montsoreau et retourne ensuite par la même route à Nouâtre où le boulanger de Nouâtre finalise officiellement cette carte de route avec son tampon. La question de savoir la spécialité de la maison est également posé à notre boulanger. La réponse immédiate : ‘La Fougasse aux fruits’.

 

Pour ma part je trouve qu’il peut ajouter à sa spécialité : ‘Le Paris-Brest’. J’ai roulé aujourd’hui 107 km. La Randonnée aux Sources des Rivières en Limousin est finie sans le moindre ennui technique ou crevaison. Le kilométrage s’élève à 1.456 total. Cela a été un voyage, idéal pour cyclistes, dans une région naturelle où la main de l’homme n’a guère transformé le paysage. Par conséquent, elle est verte et bien arrosée par des sources de nombreuses rivières que je connais bien mieux à présent. Je tiens à remercier tous les participants à ce périple sous n’importe quelle forme. Leurs explications et connaissances du pays sont fortement appréciées et ne peuvent que faire aimer le pays. Dans un avenir proche, j’espère pouvoir de nouveau circuler à vélo dans le Limousin pour faire d’autres découvertes.

Ferdy LOS Inter.cartier@wanadoo.fr



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